Trois jeunes médecins généralistes qui exercent au littoral lancent un appel émouvant sur Facebook. Ils se plaignent d'être trop peu nombreux et de n’avoir pas assez de temps à consacrer à leurs patients. Le ministre de la santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), est en train d'élaborer des mesures, mais, selon ces médecins, elles n'y changeront rien.
Trois jeunes généralistes lancent un cri d’alarme : "Nous n’avons plus assez de temps à consacrer à nos patients"
Ces trois jeunes médecins généralistes qui exercent à La Panne, Middelkerke et Leffinge ont tiré la sonnette d'alarme dans un groupe fermé de médecins sur Facebook, écrit le journal De Standaard. Ils ont reçu un soutien massif de la part de leurs confrères. "Même les radiologues, qui sont pourtant très spécialisés, ont voulu nous aider", explique Loesia Tryssesoone (32 ans), médecin généraliste à La Panne.
Les trois médecins se plaignent notamment de leur charge de travail élevée : "Nous ne pouvons plus garantir de bons soins. Il n'y a tout simplement pas assez de médecins généralistes et nous devons donc traiter un nombre de plus en plus important de patients. Nous limitons alors notre temps, mais nous ne pouvons malheureusement pas faire grand-chose en 15 minutes".
"Les consultations sont aujourd'hui plus longues qu'auparavant, car nous devons prendre en compte un plus grand nom de médicaments et de maladies en même temps. Les patients s'expriment aussi davantage, ils osent discuter après avoir déjà fait des recherches sur leur maladie."
Plus de longues conversations avec les patients
"Je suis devenu médecin généraliste parce que j'aime les contacts avec les patients, mais pour cela il faut du temps. Il faut apprendre à connaître la famille, par exemple, et savoir ce qui se passe dans la vie du patient. Si vous connaissez cette personne, vous avez déjà la moitié du diagnostic".
Nous sommes plus que des médecins, nous sommes des interlocuteurs.
Loesia Tryssesoone, médecin généraliste
"Aujourd'hui, nous avons trop peu de temps pour discuter avec nos patients, en particulier avec les personnes âgées. Or, la côte est la région du pays qui connaît un important vieillissement de la population. Pour les personnes âgées, nous sommes souvent le seul soutien. Nous sommes plus que des médecins, nous sommes des interlocuteurs. J'ai alors envie de leur parler 10 minutes de plus, parce que cela leur fera plaisir, mais le temps est trop court pour cela. J’ai déjà trop de gens qui frappent à la porte de ma salle d'attente bondée".
La lettre de Frank Vandenbroucke
Le ministre de la santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), a envoyé une lettre aux médecins généralistes pour leur faire part de sa compréhension. Il fait également référence à des mesures antérieures, telles que l'augmentation du quota de médecins afin que davantage d'étudiants puissent entamer une formation de médecin généraliste. Le "New deal" devrait également alléger la charge de travail des médecins généralistes.
"Je comprends que les choses soient parfois trop lentes pour vous", peut-on lire dans la lettre. "Je comprends également que l'information ne circule pas suffisamment et que vous n'ayez parfois pas assez de temps pour commencer à mettre en œuvre les changements. Mais cela ne doit pas nous empêcher de penser à l'avenir. Après tout, ce n'est pas en continuant à faire la même chose que l'on trouvera une solution".
Les généralistes pas satisfaits de cette lettre
Les jeunes médecins généralistes ne sont pas du tout satisfaits de la réponse de Frank Vandenbroucke. "Il se contente d'énumérer les mesures qu'il a mises en œuvre, mais ne nous écoute pas vraiment. Nous émettons des réserves sur toutes ces mesures. Par exemple, nous ne savons pas s'il augmentera également le quotas spécifique pour les médecins généralistes".
Frank Vandenbroucke veut faire travailler les infirmières avec les généralistes, mais elles constituent déjà une profession en pénurie. Où les trouvera-t-il ?
Loesia Tryssesoone, médecin généraliste
"Il veut également fermer davantage de postes de garde la nuit, de sorte que nous devions traiter une plus grande zone. Ce n'est pas possible à Furnes, car nous devons nous occuper d'une région beaucoup plus vaste, et ce avec seulement deux voitures. Avec son "New deal", il veut que les infirmières travaillent avec les médecins généralistes, mais elles constituent déjà une profession en pénurie. Où va-t-il les trouver ? Tout cela ne nous semble pas réalisable".
"Cela montre qu'il ne sait pas comment les choses fonctionnent sur le terrain. Il doit collaborer avec nous pour rendre la profession de médecin généraliste plus attrayante. Nous pensons que c'est ce qui fera la plus grande différence".
La Plate-forme flamande des patients reconnaît le problème
"Nous le constatons dans les enquêtes des associations de patients. Ces derniers ont l'impression que leur médecin a moins de temps à leur consacrer", explique la responsable Thomas.
Selon Deloffer, cela peut entraîner une détérioration de la qualité des soins. "Il n'y a souvent qu'un seul problème de santé par consultation. Or, il est important que les patients aient la possibilité de soulever d'autres questions, moins urgentes." Selon Mme Deloffer, cette pression temporelle peut finir par provoquer une rupture de confiance. "Les patients ont l'impression qu'ils ne peuvent pas ou ne doivent pas tout dire. Cela peut réduire la qualité des soins".
