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Face aux dealers, le Foyer Anderlechtois demande l’aide de la police fédérale dans la cité du Peterbos

La société de logements sociaux "Foyer Anderlechtois" demande à la police fédérale d'intervenir dans le quartier du Peterbos. Cette cité sociale de 3.000 habitants, située sur la commune d'Anderlecht, est prise d'assaut par des bandes de trafiquants de drogue et ses habitants sont confrontés quotidiennement à la violence. La police locale ne peut plus gérer le problème seule.

BRUZZ Eric Steffens
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Les débordements violents et le trafic de drogue dans les cités sociales d'Anderlecht représente un véritable casse-tête pour l'administration communale et la police locale. L'année dernière, après une fusillade qui a coûté la vie à un homme de 29 ans, le bourgmestre Fabrice Cumps (PS) avait indiqué que des renforts de la police fédérale étaient nécessaires. "Notre zone de police ne peut pas faire face seule à la guerre liée au trafic de drogue", avait-il alors déclaré.

Début février, le Foyer Anderlechtois a envoyé un message similaire au cabinet de la ministre fédérale de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V). "Nos services sont confrontés à une augmentation exponentielle du vandalisme et des problèmes liés à la présence des trafiquants de drogue sur tous nos sites, et en particulier sur le site du Peterbos", peut-on lire dans cette lettre.

Checkpoints

La lettre, que la rédaction de BRUZZ a pu consulter, cite de nombreux exemples de problèmes sur le site du Peterbos. Les menaces personnelles et l'intimidation des résidents et des employés du Foyer Anderlechtois sont quotidiennes. Le vandalisme est excessif à l’intérieur des bâtiments et dans les environs. Des entreprises de nettoyage spécialisées doivent régulièrement enlever des déjections humaines et d'autres détritus.

Les trafiquants de drogue du quartier de Peterbos adoptent une approche de plus en plus systématique. Ainsi, plusieurs points de deal ont été installés sur les lieux, chacun ayant sa propre "spécialité". Les clients y sont guidés par les dealers présents vers le point qui répond à la demande. Crack, héroïne, cannabis... 

Aux "checkpoints", tenus par des individus masqués, le personnel de la société de logement ou des entreprises extérieures doit être identifié avant de pouvoir pénétrer sur le site. Les fouilles et les contrôles de téléphones portables ne sont pas rares.

Peterbos 9

Combiné à la violence entre bandes rivales de dealers dans le quartier, tout cela a des implications sur les interventions à effectuer sur le site. Ainsi la société Luminus, responsable des systèmes de chauffage, ne vient faire des travaux d'entretien ou de réparation sur le site que pendant la journée. Kone, qui gère les ascenseurs, ne vient plus non plus en soirée.

La société de gardiennage G4S, chargée de réarmer les alarmes incendie, déclare même ne plus venir du tout sur le site de Peterbos. Les ascenseurs bloqués par le déclenchement des alarmes restent donc souvent inactifs pendant des heures, voire plusieurs jours, jusqu'à ce qu'un employé du Foyer Anderlechtois puisse passer pendant les heures de bureau.

La rénovation du bâtiment Peterbos 9 est compromise par ces nuisances. "Les travaux sont actuellement au point mort", déclare Lotfi Mostefa, président du Foyer Anderlechtois. "Des négociations quasi quotidiennes avec les concessionnaires doivent avoir lieu avant que le personnel puisse entrer sur le site. Les travaux sont actuellement à l'arrêt en raison des nuisances.

Demande de renfort du fédéral

Un retard dans la rénovation pourrait signifier une perte pour le Foyer Anderlechtois. "Le coût total s'élève à 15 millions d'euros", précise Lotfi Mostefa. "Si les travaux ne peuvent être repris, nous risquons de devoir payer 200 000 euros par mois. À cela s'ajoute le coût d'une société de gardiennage, engagée en accord avec Beliris pour protéger le site et dont la facture mensuelle s'élève à plus de 70 000 euros. "Ce n'est pas financièrement viable pour notre organisation", affirme-t-il.

"En tant que société de logement social, nous sommes impuissants face aux trafiquants", explique Mostefa. "Et la police locale, bien qu'elle fasse son travail, ne peut pas gérer seule les problèmes. Pendant ce temps, la situation continue de se dégrader pour les habitants. Néanmoins, nous ne voulons pas abandonner le site et nous continuerons à travailler pour les résidents. D'où la lettre adressée à la ministre Verlinden, dans l'espoir d'un renfort de la police fédérale".

Le cabinet Verlinden dit avoir pris connaissance de la lettre. "La question est actuellement à l'étude et la police fédérale en a été informée", ajoute le porte-parole. On ne sait pas encore quand une décision sera prise.

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