Quelque 80.000 personnes ont assisté dimanche au carnaval d'Alost, selon des chiffres communiqués par les organisateurs. La fréquentation est en baisse par rapport à l'an dernier qui était, il est vrai, une édition record, avec quelque 105.000 personnes venues voir le cortège. L'affluence de 2024 correspond plus à la moyenne de ces dernières éditions, ont précisé les organisateurs.
La 94e édition du carnaval d'Alost et son traditionnel cortège satirique ont été lancés dimanche à 13h00. Cette année, 71 sociétés carnavalesques et plus de 200 petits groupes de fêtards avaient pris part à l'événement, qui se plait à railler l'actualité politique et sociale. Quelque 80.000 personnes ont suivi le cortège de ces festivités carnavalesques, les plus populaires de Flandre.
La police était présente le long du parcours, qui s'étale sur sept kilomètres et devait se terminer sur la Grand-Place d'Alost.
Comme de coutume, les chars et les costumes étaient un clin d'œil à l'actualité. Les figures politiques belges sont d'ailleurs souvent la cible de plaisanteries au carnaval d'Alost, qui joue à fond la carte de l'impertinence.
Cette année, le pipigate impliquant l’ancien ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, l'anglais approximatif de Theo Francken et les propos injurieux envers les Roms de l'ancien président de Vooruit Conner Rousseau, alors qu’il était ivre, ont notamment inspiré les carnavaliers.
Enfin, le CD&V qui a redonné vie à l’ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene grâce à l’intelligence artificielle a aussi été moqué par les carnavaleux tout comme le scandale des anciens parlementaires Vlaams Belang utilisés comme informateurs par des espions chinois.
Le documentaire diffusé par la VRT Godvergeten (Les oubliés de Dieu), dans lequel des adultes meurtris témoignent avoir été agressés sexuellement durant leur enfance ou leur adolescence par un prêtre ou un religieux catholique, figurait également parmi les thèmes du cortège.
La société de transports publics flamande De Lijn, dont la nouvelle offre de service a mené à la suppression de plus de 3.000 arrêts de bus en Flandre, est aussi narguée par les fêtards.
"Il n'y a aucune forme de censure. On peut rire de tout et de tous", a assuré le bourgmestre Christop D'Haese, habillé pour l'occasion en chevalier portant les couleurs de la ville d'Alost.
L'élu local a insisté sur l'importance de la sécurité lors d'un événement aussi festif. "Nous surveillons (le niveau de) la Dendre et nous contrôlons la consommation et la détention de stupéfiants. Un plan d'intervention est prévu en cas de problème", souligne-t-il.
L'événement a attiré plusieurs personnalités politiques. C'est notamment le cas du Premier ministre Alexander De Croo, qui était assis dans les tribunes de la Grand-Place, aux côtés du bourgmestre d'Alost. La présidente du parti socialiste Vooruit Melissa Depraetere ainsi que le ministre flamand du Budget Matthias Diependaele avaient aussi fait le déplacement. L'ancien commissaire européen au Commerce et ancien ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, était également de la fête.

