Une équipe de recherche de l'Université d'Anvers (UA) a mis au point une nouvelle thérapie cellulaire qui détruit le mécanisme de défense des tumeurs. Cette thérapie représenterait une avancée importante dans la lutte contre les cancers du pancréas et du côlon, qui sont difficiles à traiter. La nouvelle thérapie doit encore être testée chez l’être humain, mais les essais sur les souris et des cellules humaines sont prometteurs.
L'Université d'Anvers développe un nouveau traitement contre les cancers du pancréas et du côlon
Les tumeurs du pancréas et du côlon sont protégées par un "bouclier" de tissu conjonctif qui rend la radiothérapie difficile. Or ces types de cancers sont agressifs, font rapidement des métastases et les traitements existants ne réussissent souvent pas suffisamment. Les patients n’ont souvent pas de bon pronostic de vie. Pour remédier à ce problème, une nouvelle thérapie cellulaire a été mise au point. Celle-ci est capable de détruire à la fois les cellules du tissu conjonctif et les cellules cancéreuses.
L'équipe de la professeure Evelien Smits du Centre de recherche oncologique de l’UA a découvert que les cellules du tissu conjonctif et cancéreuses étaient porteuses d'une certaine molécule. C'est pourquoi, avec le soutien de l'asbl flamande de lutte contre le cancer "Kom op tegen Kanker", elle a développé une nouvelle thérapie cellulaire qui cible spécifiquement cette molécule. Cette thérapie se compose de "cellules tueuses naturelles", expliquait la chercheuse Astrid Van den Eynde.
Moins d’effets secondaires et moins cher
"Ces cellules sont les forces spéciales de notre système immunitaire. Elles reconnaissent les cellules cancéreuses et les détruisent. Elles constituent donc des cellules immunitaires de choix pour lutter contre le cancer." Les scientifiques ont modifié les "cellules tueuses naturelles" en laboratoire pour les rendre encore plus efficaces contre la maladie. Les premières études cliniques montreraient moins d’effets secondaires qu’avec l’immunothérapie classique.
"Nous les avons dotées d'une sorte de bras supplémentaire", précisait Astrid Van den Eynde. Ces cellules peuvent en outre être produites à grande échelle à partir du sang de donneurs sains, ce qui réduit le coût par traitement.
La nouvelle thérapie n’a pour l’instant été testée que sur des souris et des cellules humaines en laboratoire, mais les résultats sont prometteurs. La prochaine étape sera de la tester sur des êtres humains. Les chercheurs espèrent pouvoir utiliser la nouvelle thérapie cellulaire d’ici 5 ans sur des patients.
Dans un deuxième temps, l'équipe anversoise ambitionne de tester la nouvelle thérapie sur d'autres types de cancer. "Nous avons reçu un budget de l’association Kom op tegen Kanker pour poursuivre ces recherches. Mais il semblerait déjà que la thérapie agit aussi sur d’autres types de cancers", concluait la professeure Evelien Smits.
Les résultats des recherches menées à l’Université d’Anvers ont été publiés dans la reçue scientifique Journal of Hematology & Oncology .

