Dans un avenir proche, la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, le Danemark et la Norvège collaboreront plus étroitement pour mieux sécuriser l’infrastructure énergétique et de télécommunication dans les eaux de la mer du Nord. Si un danger s’annonce, les six pays échangeront davantage d’informations, précisait ce jeudi le ministre de la Justice Paul Van Tigchelt, aussi compétent pour la Mer du Nord. "L’accord de coopération est dans sa phase finale".
Six pays de mer du Nord unissent leurs forces pour protéger l'infrastructure sous-marine contre l'espionnage
Le ministre rendait visite au centre névralgique du Carrefour de l’information maritime (MIK) situé dans la base maritime de Zeebrugge, en Flandre occidentale. Les services de la Défense, la Police, des Douanes et du service public fédéral Mobilité y travaillent jour et nuit pour surveiller les eaux de la mer du Nord et le respect de la législation.
L’accord en passe d’être signé permettra aux six pays, dont la Belgique, d’échanger davantage d’informations et de prendre des mesures plus efficaces, afin de mieux protéger contre d’éventuelles menaces l’infrastructure critique qui se trouve sous eau. Les six partenaires veulent donc créer une plateforme via laquelle des informations sur des mouvements suspects en mer du Nord peuvent être enregistrées et partagées. La Belgique prend les devants et investira un million d’euros dans la création de cette nouvelle plateforme.
Van Tigchelt : "Le temps de la naïveté est passé"
Le ministre belge de la Mer du Nord, Paul Van Tigchelt, souligne que l’importance de cette coopération ne doit pas être sous-estimée. Au fond du lieu de grand passage qu’est la mer du Nord, il y a une multitude de câbles et de canalisations.
Rien que dans les eaux belges, il y a plus de 200 kilomètres de câbles d’électricité, qui relient les parcs éoliens en mer à Zeebrugge et les Royaume-Uni. A côté de cela, il y a aussi des canalisations et des câbles de télécommunication.
Espionnage russe?
Ces derniers temps, il y a eu plusieurs fois des indications que des navires russes se seraient tenus discrètement dans les environs de l’infrastructure en mer du Nord, éventuellement dans un but d’espionnage. Paul Van Tigchelt évoquait notamment le navire russe Admiral Vladimirsky, qui a navigué en mer du Nord. Une enquête menée par les Pays-Bas a également révélé que des navires russes de recherche sont venus récemment en mer du Nord.
"Des bateaux russes suspects ont circulé en mer du Nord. Avec notre nouvelle initiative de coopération, nous voulons notamment nous protéger contre l’espionnage et le sabotage", indiquait le ministre Van Tigchelt.
Pour lutter contre la menace, les conseillers en sécurité de divers pays ont notamment uni leurs forces lors du Sommet de la mer du Nord du 24 avril 2023, pour mener à bien cette collaboration améliorée en vue d’une sécurisation accrue de l’infrastructure d’énergie et de télécommunication. C’est dans le prolongement de ce Sommet que l’accord de coopération verra tout bientôt le jour.
