Le gouvernement wallon s'est accordé, jeudi passé, pour introduire une requête en annulation devant le Conseil d'Etat contre la décision du gouvernement flamand d'approuver définitivement le plan d'exécution spatial régional (PESR) du contournement de Renaix (Flandre orientale). Le projet prévoit la construction d'un tunnel entre Maarkedal et Renaix, ainsi qu'une déviation vers une zone industrielle. Pour le ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo) il est compliqué d’identifier les conséquences de ce projet en terme de mobilité pour les communes wallonnes voisines de Renaix.
Le gouvernement wallon introduit une requête en annulation pour les travaux de contournement de Renaix
Le projet de prolongement de la N60, une route nationale reliant Gand à Péruwelz en passant par Audenarde, Renaix, Frasnes-lez-Anvaing et Leuze-en-Hainaut traîne depuis des décennies. Mais depuis 2019 les choses ont avancé et, en novembre dernier, le gouvernement flamand a finalement approuvé le plan d'exécution spatial régional (PESR).
Un tunnel de 2 kilomètres de long doit être creusé entre Maarkedal et Renaix, et une route de déviation vers la zone industrielle Klein Frankrijk mise en place afin de dévier le trafic lourd du centre-ville. Ce tronçon est considéré par les autorités flamandes comme un "chaînon manquant". Par ailleurs 350 hectares de forêt seront également plantés à Kluisbergen et à Renaix, et une autoroute cycliste sera aménagée entre Renaix et Audenarde.
Le gouvernement wallon a mandaté un bureau d'avocats
Pour les autorités wallonnes et la commune voisine de Frasnes-lez-Anvaing, il est compliqué d'identifier définitivement, à ce stade, tous les impacts sur la mobilité en Wallonie, le PESR devançant l'introduction du permis pour la construction de l'infrastructure autoroutière en tant que telle. On ignore donc pour l'instant le nombre de bandes de circulation, la vitesse imposée ou la localisation des feux de signalisation, a expliqué le ministre Philippe Henry (Ecolo) qui était interrogé par le député des Engagés Jean-Luc Crucke.
Néanmoins, "il est prudent de déjà contester ce plan pour écarter tout risque significatif pour la Wallonie et ses habitants, en particulier en matière de mobilité", a ajouté Philippe Henry. "Je n'ai pas encore de ligne du temps de la suite de ce projet et de ses procédures mais il est prévu que le gouvernement suive ce dossier avec attention", a-t-il conclu. Le gouvernement wallon a mandaté un bureau d'avocats.
Le gouvernement wallon et les communes concernées ont bien été impliqués dans l'ensemble du processus
Camille Callens, Werkvennootschap
À la Werkvennootschap, qui coordonne l'ensemble du projet, on s'étonne. "La Région wallonne et les communes locales ont été impliquées dans l'ensemble du processus depuis le début", déclare Camille Callens de la Werkvennootschap.
"Nous sommes donc surpris qu'ils introduisent maintenant une requête contre les plans. Pour l'ensemble de la région, il s'agit d'un grand pas en avant. En termes de nature, de sécurité routière et de mobilité. Il se peut qu'une rue soit un peu plus perturbée qu'une autre, mais c'est toujours le cas avec un tel dossier.
Le bourgmestre de Renaix, Ignace Michaux (CD&V), regrette la démarche du gouvernement wallon. "La route se raccordera à la N60 existante, la route qui est déjà là. Il n'y a jamais eu autant de participation que pour ce projet. Je ne peux que regretter cette démarche. Je pense que la fièvre électorale joue un rôle. Il est dommage que l'intérêt supérieur doive céder le pas à l'intérêt personnel. Pourtant les implications sur la Wallonie ont été examinées. C'est très regrettable".
"Ils mettent des batons dans les roues d'un projet qui améliore la fluidité du trafic"
La ministre Zuhal Demir (N-VA) a également déjà réagi, par l'intermédiaire de son porte-parole Andy Pieters : "Nous prenons acte du fait qu'ils mettent des bâtons dans les roues d’un projet qui rend la mobilité plus sûre et améliorent la fluidité du trafic."
Le Conseil d'État va maintenant examiner toute l'affaire et voir si les arguments du gouvernement wallon sont fondés. Dans l'affirmative, il pourrait annuler le plan d'exécution spatial régional. "Si c'est le cas, nous devrons recommencer tout le processus afin d'arriver à un PESR pleinement validé. Mais c'est souvent très difficile avec des projets d'une telle envergure", a conclu Camille Callens, de la Werkvennootschap.
