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Une semaine d’actions de grève dans les prisons flamandes pour protester contre la violence envers le personnel

La semaine d'actions dans les prisons flamandes a débuté dimanche soir à Gand et à Audenarde. Les syndicats sont principalement mécontents vis-à-vis des agressions contre le personnel des prisons.

Eric Steffens Belga
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Les prisons de Gand et d'Audenarde ont donné le coup d'envoi. Des grèves y ont lieu de 22H00 dimanche jusqu'à 22h00 lundi.

Les actions seront ensuite menées dans la province d'Anvers. Lundi soir, des grèves de 24 heures auront lieu dans les prisons de Mersplas et Turnhout. Le lendemain, ce sera au tour de la prison d'Anvers.

À partir de 22h00 mercredi et jusqu'à 22h00 jeudi, les employés de la prison de Bruges cesseront à leur tour de travailler. Enfin, la prison de Hasselt viendra mettre un terme à la semaine d'actions avec une grève de jeudi soir à vendredi soir.

Jeudi dernier, une concertation a été organisée entre les syndicats, l'administration pénitentiaire et le cabinet du ministre de la Justice Paul Van Tigchelt (Open VLD), mais elle n'a rien donné. Les discussions se poursuivront la semaine du 12 février.  

De 300 à 320 “accidents de travail" dus à des agressions

Chaque année, on dénombre en moyenne 300 à 320 accidents du travail dont sont victimes des gardiens de prison dus à l'agression de détenus. Ce chiffre est éloquent, mais les témoignages le sont encore plus.

Le gardien Jan Sigmans, par exemple, a été attaqué par un lutteur tchétchène et a fait le mort pendant 4 minutes. Paul Van de Leur est devenu aveugle d'un œil après avoir affronté un détenu dans la salle des visiteurs.

Dans la prison de Merksplas, un autre incident violent s'est encore produit dimanche. Deux gardiens ont été blessés lorsqu'un détenu est devenu agressif. Ils ont été emmenés à l'hôpital pour y être soignés. Le reste du personnel a décidé de cesser spontanément le travail.  

"Un gardien de prison ne doit pas devenir un punching-ball".

Rudy Van De Voorde, l'ancien directeur général du système pénitentiaire qui vient de prendre sa retraite, confirme également l'augmentation de la violence à l'égard des gardiens de prison. "Il est certain que les grandes prisons sont confrontées à de plus en plus d'incidents de ce type", a-t-il déclaré lors de l'émission "De ochtend" sur Radio 1. "Un gardien de prison ne doit pas devenir un punching-ball".

Selon lui, la surpopulation n'est pas le seul facteur. "L'agression provient souvent de détenus souffrant de troubles psycho-pathologiques. Il s'agit souvent même de détenus internés qui ont fait des dégâts et qui sont renvoyés en prison. Nous devons redoubler d'efforts en matière de soins appropriés, car ces types d'internés et de prisonniers ne sont pas intimidés par les menaces de punition".

Selon Rudy Van De Voorde, ces actes sont le résultat d'un concours de circonstances. "Il y a l'agressivité croissante, mais aussi la fatigue de deux années de pandémie. Cette période a demandé beaucoup d'énergie. La surpopulation et les difficultés à trouver du personnel jouent également un rôle. C'est l'ensemble de ces facteurs qui conduit à ces actions".

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