Le recordman de Belgique du 400 mètres haies Julien Watrin est atteint d'un cancer du testicule. Opéré en septembre dernier, l'athlète de 31 ans a subi une rechute révélée en janvier, qui compromet sa participation aux Jeux Olympiques de Paris. Il en a fait l'annonce mercredi, au cours d'une conférence de presse organisée à Louvain-La-Neuve.
Atteint d'un cancer du testicule, Julien Watrin doit renoncer aux Jeux Olympiques de Paris
"Malheureusement, ce n'est pas pour une bonne nouvelle que je vous ai réunis ici", a entamé Julien Watrin avec émotion. "J'ai été diagnostiqué d'un cancer du testicule. C'est en réalité une récidive, parce que j'ai été opéré en septembre", une semaine et demie après le Mémorial Van Damme.
Après avoir ressenti des douleurs en fin de saison dernière, le Virtonnais avait rapidement reçu le diagnostic et avait été opéré dans les jours qui ont suivi. L'information est restée dans son cercle intime, et Watrin a pu reprendre l'entraînement normalement. "J'étais inquiet pour ma vie, mais il s'est avéré que la chirurgie suffirait."
Presque sans adaptation de son programme, l'athlète s'est mis en route "à fond vers les JO", en sachant qu'une réévaluation devait avoir lieu trimestriellement. Après un feu vert en décembre, un contrôle en janvier a révélé une reprise ganglionnaire. "Je commencerai la chimiothérapie dès demain (jeudi, ndlr) pendant neuf semaines. Ce ne sera pas possible d'atteindre les JO."
Bien qu'ému, Julien Watrin a fait preuve de recul quant à sa situation. "Les pronostics sont bons", a-t-il tenu à préciser. "Je vais y aller pas à pas. J'ai de la chance de ne pas avoir que de l'athlétisme, mais aussi la musique, la lecture, la philosophie et les sciences", a poursuivi avec le sourire l'athlète qui étudie à l'UCL.
Il est néanmoins "passé par beaucoup d'états d'esprit. J'avais peur pour ma vie en septembre. Ce qui est contradictoire maintenant, c'est que je suis en forme. Un cancer ne se ressent pas." Libéré des objectifs, l'entraînement est plus libre, mais l'incertitude est constante. "Il n'y a pas d'autre choix que d'avancer et s'engager. Ces deux derniers jours, le plus difficile est d'avoir ses amis au téléphone. L'épreuve des proches n'est pas facile", pas plus que l'assimilation de la nouvelle. "C'est un état incrédule. On se sent écrasé, puis léger. Je suis très sensible. J'enchaîne avec la chimio, et je devrai peut-être déconnecter."
Concernant la poursuite du sport de haut niveau, "les médecins ne s'avancent pas trop à ce sujet. Mais les athlètes touchés ont pu reprendre une vie normale", comme le décathlonien Thomas Van der Plaetsen ou le spécialiste du demi-fond Tarik Moukrime. Watrin compte se mettre en contact avec ceux-ci, et il a reçu le soutien de l'équipe belge de relais 4x400, les Belgian Tornados, relayé par le coach Jacques Borlée présent lors de la conférence de presse.
En attendant, le Virtonnais prend le temps de visiter les différentes pistes sur lesquelles s'est développée sa carrière d'athlète: à Boitsfort, où il s'est entraîné avec les Tornados, ou à Andenne, notamment. "Par nostalgie. Chaque stade a son esprit", a-t-il conclu avec philosophie.
