Quelque 241 métiers figurent cette année déjà sur la liste des métiers en pénurie du service flamand à l’emploi et la formation professionnelle VDAB. Cela représente sept emplois de plus que l’an dernier. On manque avant tout de main d’œuvre qualifiée pour un certain nombre de métiers techniques. Le ministre flamand de l’Emploi Jo Brouns veut tenter de retirer autant de métiers que possible de cette liste en créant des formations spécifiques et en donnant la possibilité d’apprendre un métier sur le lieu de travail.
Le nombre de métiers en pénurie augmente : on recherche des techniciens, infirmiers et ouvriers des voiries
L’an dernier, quelque 27 métiers étaient venus s’ajouter à la liste des emplois en pénurie, contre 7 métiers cette année. "Aujourd’hui environ 40% de tous les métiers ont un caractère de pénurie", indique le ministre flamand de l’Emploi. D’après Jo Brouns, les nouveaux chiffres du VDAB prouvent que le manque de main d’œuvre qualifiée sur le marché de l’emploi reste criant et que ce phénomène ne disparaitra pas dans les années à venir.
Les métiers en pénurie sont pour une part importante des métiers techniques, mais aussi des métiers des secteurs des soins de santé et du bien-être. De façon surprenante, une série de métiers manuels qui ne nécessitent pas beaucoup de qualifications figurent également sur la liste, comme ouvrier dans la fruiticulture et ouvrier des voiries. Ci-dessous, la liste des dix principaux métiers en pénurie :
• Technicien pour installations industrielles • Infirmier • Technicien de surface à domicile • Chef de chantier • Technicien en automatisation industrielle • Mécanicien d’entretien • Ouvrier dans la fruiticulture • Comptable • Ouvrier des voiries • Calculateur dans la construction
Le fait qu’il reste actuellement tant de métiers en pénurie ne serait pas seulement dû à un manque de candidats, indique le ministre Brouns, mais aussi au fait que certains métiers posent des exigences, comme des connaissances techniques, des compétences de communication ou la maîtrise de langues. Les personnes qualifiées ne sont alors pas légion. Le manque d’expérience, des problèmes de mobilité, les exigences physiques d’un métier, le travail de nuit ou le week-end, mais aussi les contrats à mi-temps ou temporaires rendent également l’adéquation entre demandeurs d’emplois et places vacantes plus difficile.
Le ministre Brouns mise sur des formations. Les personnes qui suivront une formation pour un métier en pénurie pourront le faire gratuitement. Les demandeurs d’emploi dans ce cas pourront conserver leurs allocations de chômage et recevoir en même temps un dédommagement du VDAB pour les frais de transport et de garde d’enfants. En 2023, quelque 16.920 demandeurs d’emploi ont suivi une formation à un métier en pénurie. Cela représente trois quarts de toutes les formations suivies auprès du VDAB.
L’apprentissage sur le lieu du travail est aussi encouragé. "Via ce type de formation nous envoyons les demandeurs d’emploi plus rapidement sur le lieu de travail, pour qu’ils y apprennent les compétences nécessaires", précise Jo Brouns. "Depuis le 1er septembre 2023, les personnes qui n’ont pas été actives sur le marché de l’emploi depuis deux ans peuvent recevoir une prime si elles suivent une formation à long terme pour un métier en pénurie", indique le ministre flamand. Quelque 230 personnes en auraient déjà fait usage.
Tout commence dans les écoles secondaires
Mais ce n’est pas suffisant. Selon Vickie Dekocker d’Agoria - l’association des entreprises d’inspiration technologique -, "il y a de moins en moins de gens disponibles pour assumer ces emplois. Et les personnes qui sont disponibles ne correspondent pas toujours aux attentes. Elles n’ont pas toujours les aptitudes requises”.
“Un gros problème reste aussi l’offre en formations dans l’enseignement secondaire", ajoute Dekocker. "Il y a de moins en moins d’écoles qui proposent des formations techniques. Et dans celles qui en proposent, les classes sont bondées". Selon Agoria cela s’explique par le fait qu’il est plus onéreux pour une école d’offrir un enseignement technique qu’un enseignement général, parce qu’elle doit s’équiper de machines et de matériel spécifique.



