Si cela ne tenait qu'à l'Open VLD, le délai autorisé pour un avortement passerait de 13 à 18 semaines et le temps de réflexion de 6 jours serait supprimé. Le président des libéraux flamands Tom Ongena et la députée fédérale Katja Gabriëls réagissent ainsi mercredi au plaidoyer de centres d'avortement flamands qui appellent à moderniser la législation. "Nous espérons que le CD&V abandonnera son opposition à ce droit fondamental pour les femmes." Vooruit met également la pression sur le CD&V. Aux yeux des socialistes flamands, il est temps de "mettre fin à l'immobilisme".
Vooruit et l’Open VLD relancent le CD&V sur l'extension du droit à l'avortement
Le besoin de soins de qualité dans le cadre d'un avortement est plus important que jamais, affirment les centres d'avortement de l'asbl Luna et de la VUB Dilemma. Ces associations lancent mercredi une campagne en faveur d'une nouvelle loi sur l'avortement. Elles préconisent une contraception accessible et abordable pour les femmes et les hommes, un aménagement du délai d'attente de six jours entre une première consultation et un traitement efficace, ainsi qu'une prolongation de la période de gestation maximale.
L'Open VLD, le parti du Premier ministre Alexander De Croo, indique soutenir ces demandes et adresse un message au CD&V, partenaire de gouvernement. "Nous espérons que le CD&V abandonnera son opposition à ce droit fondamental pour les femmes et parviendra à la bonne compréhension grâce à ces chiffres : avec plus de 10.000 femmes qui se sont rendues dans les centres d'IVG en 2023 pour une première consultation et près de 8.300 traitements, les besoins en soins de qualité sont plus grands que jamais."
Les libéraux flamands plaident également pour que le droit à l'avortement soit inscrit dans la Constitution. "C'est nécessaire quand on voit ce qui se passe aux États-Unis et en Pologne, où ce droit est restreint. En ancrant ce droit dans la Constitution, les femmes restent responsables de leur propre corps, peu importe ce qu'en pensent les fanatiques conservateurs", estiment Tom Ongena et Katja Gabriëls.
Proposition de loi pour l'extension à 18 semaines
Une proposition de loi PS, cosignée par des députés de huit partis (socialistes, libéraux, écologistes, DéFI et PTB), réclame de longue date l'extension à 18 semaines, mais le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang s'y opposent. Le gouvernement fédéral, au sein duquel le CD&V est isolé sur ce point, avait convenu d'attendre le rapport d'un comité scientifique avant de poursuivre le travail au Parlement. Ce rapport est tombé le 10 mars 2023. Dans la foulée, le CD&V avait indiqué accepter une prolongation de la limite gestationnelle maximale de l'avortement de 12 semaines actuellement à 14 semaines. Depuis lors, aucun accord n'a été trouvé.
L'Open VLD dit espérer parvenir "le plus rapidement possible" à un accord au sein de la majorité, faute de quoi le dossier sera inévitablement remis sur la table après les élections, avertit le parti libéral.
"Si la proposition de loi est mise à l'agenda, elle pourrait encore être votée sous cette législature"
Vooruit met également la pression sur le CD&V. Aux yeux des socialistes flamands, il est temps de "mettre fin à l'immobilisme". "Le parlement doit pouvoir voter librement. Depuis dix ans, il y a une majorité dans cette assemblée pour approuver une adaptation de la loi. Si le PS (auteur de la proposition "gelée" depuis 2020) demande de mettre sa proposition de loi à l'agenda, elle peut encore être votée sous cette législature", a expliqué la députée flamande Freya Van den Bossche au cours de l'émission "Villa Politica" (VRT).
Le chef de groupe Vooruit à la Chambre, Joris Vandenbroucke, accuse le CD&V de freiner ce dossier depuis de trop nombreuses années. Il a rappelé le rapport scientifique publié il y a un an sur le sujet et qui va globalement dans le sens d'une modernisation de la loi telle qu'elle est proposée. "Mais entretemps, rien n'a changé. Et des milliers de jeunes filles et de femmes en sont les victimes", a-t-il regretté.
"Les recommandations des experts doivent être inscrites dans la loi", a plaidé de son côté Séverine de Laveleye (Ecolo-Groen). Les Verts espèrent que les étapes nécessaires seront franchies avant les élections du mois de juin.

