Le Musée de la Mode limbourgeois a acheté plusieurs robes uniques en France, à une vente aux enchères de vêtements datant des années 1920. Elles ont été réalisées par des créatrices de mode qui étaient aussi connues que la grande couturière Coco Chanel à leur époque, mais qui sont un peu tombées dans l’oubli aujourd’hui. Les robes et jupes seront exposées à partir du mois de juin au Musée de Hasselt, dans le contexte de l’exposition "M_Others" consacrée à la mode et la maternité.
Le Musée de la Mode de Hasselt ajoute des robes uniques de créatrices oubliées à sa collection
Au deuxième étage du Musée de la Mode de Hasselt , la conservatrice Pauline Devriese ouvrait avec précaution des boites en carton pour en montrer le contenu à Radio 2 : plusieurs robes achetées récemment à une vente aux enchères en France. "Nous avons vu l’annonce de cette vente et les créatrices de ces robes tombaient à pic pour notre prochaine exposition intitulée “M_Others”. Elle porte sur la mode et la maternité".
La première robe était emballée dans du papier de soie. "C’est une robe verte de style de Boué Sœurs datant de la période entre 1925 et 1927". Les robes de style étaient populaires dans les années 1920. Elles possèdent une jupe travaillée et représentaient une alternative à la robe-chemisier datant de la même époque.
"L’exposition ‘M_Others’ porte sur l’influence que les créateurs de mode exerçaient les uns sur les autres", expliquait Pauline Devriese à Radio 2. "Les créatrices de la maison de mode Boué Sœurs se sont aussi laissé inspirer par d’autres créatrices".
Sur la table, une robe à paillettes remplie de petites perles. "Cette robe-ci est de Madeleine Vionnet" (photo), expliquait Pauline Devriese. "Nous ne pouvons malheureusement plus la pendre parce qu’elle est trop lourde à cause des perles et que le tissus est un peu abimé", précisait la conservatrice. "Les perles sont cousues sur un tissus très fin, qui a été un peu abimé par le temps et le fait d’être porté. Mais nous pouvons encore exposer la robe en la couchant sur une surface".
Le Musée de la Mode de Hasselt a déboursé 12.000 euros pour les trois robes qu’il a acheté à la vente aux enchères française. "Ce sont des pièces de musée comme des tableaux. Elles coûtent effectivement plus cher qu’un T-shirt acheté au magasin du coin. Mais pour ce genre de pièces, le prix est très correct. Il s’agit en effet de pièces uniques de créatrices de mode dont le nom s’est un peu perdu dans les couloirs de l’histoire, mais qui étaient très connues à leur époque".
Selon Pauline Devriese, les grandes couturières bénéficient de nos jours de plus d’attention en raison de recherches qui ont été menées. "Ce n’est pas parce qu’elles ne sont plus aussi connues aujourd’hui que leurs homologues masculins qu’elles étaient moins bonnes. Elles ont énormément contribué à l’histoire de la mode”, concluait la conservatrice.
L’exposition “M_Others” consacrée à la mode et la maternité débutera le 14 juin au Musée de la Mode de Hasselt.

