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Des clés USB abandonnées dans des endroits stratégiques par les fact-checkers de la VRT : le parquet d’Anvers ouvre une enquête

Le parquet d'Anvers a décidé d’ouvrir une enquête pour déterminer si des infractions pénales ont été commises après que les journalistes "Factcheckers" de la VRT aient abandonné des clés USB dans divers endroits, comme des commissariats de police ou des hôpitaux, en Flandre. Après la découverte de ces clés USB, le Centre de crise a envoyé une alerte à toutes les zones de police locales et il a même été demandé à l'OCAM de procéder à une analyse de la menace.

Eric Steffens
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Le parquet d'Anvers a ouvert l'enquête vendredi. "Nous avons été saisis de l'affaire parce que le personnel de nettoyage avait trouvé sept clés USB dans le Palais de Justice d'Anvers. À l'époque, on ne savait pas trop ce qui se passait et un certain nombre de mesures de sécurité ont été prises", explique Kristof Aerts, du parquet. "Un procès-verbal a même été dressé, car à ce moment-là, nous avons supposé qu'il s'agissait d'une action malveillante, d'une tentative de pénétration dans nos systèmes informatique".

Les mêmes clés ont également été retrouvées dans plusieurs autres lieux publics en Flandre, notamment dans des hôpitaux et des commissariats de police. Au total, des clés USB ont été retrouvées dans 22 endroits. Le parquet d'Anvers a donc averti au cours du week-end que ces clés pourraient avoir fait partie d'une tentative de piratage.

Lorsqu'il est apparu que de telles clés USB avaient été retrouvées dans plusieurs zones de police, le Centre de crise a envoyé une communication à toutes les zones de police locales, les appelant à redoubler de vigilance. L'OCAM - l'organisme qui détermine le niveau de menace dans notre pays - a été chargé d'effectuer une analyse de la menace. Pour des raisons de sécurité, le contenu de cette analyse n'est pas divulgué, mais le fait est que les différents services de sécurité ont été mis en état d'alerte. Le Centre de crise souligne que l'impact de la présence de ces clés a été important.

C'est une technique des pirates informatiques

"L'attaque par dépôt de clés USB est une technique bien connue des pirates pour accéder aux systèmes de réseau", explique le porte-parole du parquet d'Anvers, Kristof Aerts. "C'est pourquoi il est important de ne jamais introduire de clés USB inconnues ou abandonnées dans un ordinateur.

Les journalistes fact-checkers (ou vérificateurs de faits)

Entre-temps, il est apparu clairement qu'il ne s'agissait pas d'une cyberattaque, mais bien d'une campagne de sensibilisation menée par l'émission "Factcheckers" de la VRT. Ce programme voulait enquêter sur la facilité avec laquelle les pirates informatiques peuvent diffuser des logiciels malveillants.

Mais le parquet n’a pas apprécié cette technique. "Nous sommes bien sûr heureux qu'il y ait une sensibilisation, mais pas de cette manière", déclare Kristof Aerts. "C'est totalement inacceptable. La police ou le parquet auraient dû être informés à l'avance. Cela aurait évité beaucoup de panique". L'UZ Leuven a même envisagé de fermer son réseau informatique après que la sécurité ait vu sur les images de surveillance une personne déposant des clés USB.

"Ces images nous ont permis de découvrir qu'il s'agissait de personnes participant au programme", explique Kristof Aerts. "Ce n'est qu'ensuite que nous avons obtenu une liste de tous les endroits où des clés USB avaient été laissées. C'est particulièrement regrettable".

Des infractions ont-elles été commises ?

"Le parquet va à présent examiner si des infractions ont été commises et dans quelle mesure cela relève de la responsabilité des réalisateurs de l'émission. Cela aurait pu être parfait en tant que sensibilisation, mais alors d'une manière différente".

Sur X, le juge d'instruction Philippe Van Linthout n'a pas grand-chose à dire de bon sur l'action des "Factcheckers" : "Il ne s'agit pas d'un coup monté, mais plutôt d'une fausse alerte à la bombe (...) Une perte de temps et d'argent de vos impôts".

"Une action socialement pertinente"

"Il s'agit d'une action socialement pertinente, car elle met en évidence un danger dont les gens sont trop peu conscients", a répondu Yasmine Van Der Borght, porte-parole de la VRT. "L'action est tellement pertinente qu'il nous était difficile de l'annoncer à l'avance. Dans ce cas, l'effet de l'action aurait été perdu et l'on va à l'encontre de la recherche".

Mais parce que cette étape était essentielle à la recherche, tout a été mis en œuvre pour rassurer. Plusieurs étapes ont été prévues pour montrer qu'il s'agissait d'une campagne de sensibilisation bien intentionnée. N'importe quel service informatique peut immédiatement constater qu'il n'y a pas eu de logiciel malveillant.

"Aucun site ne sera pointé du doigt ou accusé dans le rapport", ajoute Yasmine Van Der Borght. "Sensitisation veut simplement alerter tout le monde sur le danger potentiel, car tout le monde est aussi une victime potentielle. Il a toujours été prévu d'informer les sites concernés de l'action bien avant la diffusion du reportage".

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