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Vous voulez vraiment maigrir : au lieu de 350 kcal sur l'emballage on pourrait mentionner une demi-heure de vélo

Comment éliminer les excès alimentaires des fêtes de fin d'année, et tenir ses bonnes résolutions ? Mais entre le désir de perdre du poids et la réelle perte de poids, il y a de nombreuses difficultés pratiques. Des chercheurs de l'Université d'Anvers ont donc cherché à savoir si un nouveau label alimentaire pouvait nous aider à mieux évaluer la valeur énergétique de nos aliments. Ainsi "le label PACE pourrait aider à faire de bons choix nutritionnels", a expliqué Nathalie Dens (UA), professeur de marketing, dans l'émission "De wereld vandaag" sur Radio 1 (VRT).

Eric Steffens Dominique Fiers Belga
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PACE signifie Physical Activity Calorie Equivalent, qu’on peut traduire en français par équivalent calorique de l'activité physique. Ce label exprime le nombre de calories traduites en nombre de minutes d'exercice pour les éliminer. Par exemple, manger 229 calories d’une petite barre de chocolat au lait nécessiterait environ 42 minutes de marche ou 22 minutes de course à pieds pour les brûler. Pour un soda, ce serait 26 minutes de marche ou 13 minutes de course. Et pour un hamburger de 400 kilocalories, vous devrez courir pendant 20 minutes ou marcher pendant 50 minutes pour les éliminer", explique Nathalie Dens. "Par exemple, si vous voulez éliminer une pizza de 780 kcal, vous devrez marcher pendant 45 minutes pour brûler toutes les calories. Un croissant de 233 kcal ? Il faut alors 20 minutes de vélo".

Des études antérieures ont déjà montré que l'affichage en minutes d'activité physique est plus clair pour les consommateurs et peut également les aider à faire des choix nutritionnels plus sains. Les chercheurs anversois ont donc voulu savoir si les consommateurs pouvaient également mieux évaluer cet étiquetage que l'étiquetage calorique habituel.

L'étude, conduite par l'équipe du médecin Clara Cutello avec près de deux cents participants, avait pour objectif de déterminer l'efficacité du PACE par rapport au nombre de kilocalories. Chaque participant a évalué trente images d'aliments en estimant le nombre de calories ou la valeur PACE, et ce, à trois reprises. Dans un premier temps, les résultats ont été plutôt décevants.

Les résultats ont démontré que l'étiquetage classique était plus précis que l'étiquetage alternatif. Les participants ont mieux estimé le nombre de calories que le temps de sport nécessaire pour les brûler. Cependant, les estimations des participants se sont améliorées au fil du temps, quel que soit le système d'étiquetage utilisé.

"Il fallait acquérir une sorte d'automatisme"

"Nous avons constaté que les gens ont encore plus de mal à évaluer cela correctement au début. Ils font d'abord le lien dans leur tête avec le nombre de calories, ce qu'ils ne savent pas faire de toute façon, puis ils doivent à nouveau le convertir en nombre de minutes d'exercice qu'ils pensent devoir faire. Mais au fil du temps, les chercheurs ont remarqué que lorsque les personnes recevaient un feedback et la bonne réponse, elles devenaient de plus en plus performantes dans l'estimation des étiquettes PACE. "Ils sont également devenus progressivement plus rapides, ce qui pourrait éventuellement conduire à une sorte d'automatisme", affirme encore Nathalie Dens.

"C’est notre cerveau émotionnel qui décide"

"Cela reste pourtant très difficile pour un consommateur de faire le bon choix", reconnaît Nathalie Dens. "Le nombre de kilocalories figure déjà sur chaque paquet, mais les études montrent que cela n'a que peu d'effet. Les gens choisissent toujours les aliments qu'ils vont mettre dans leur panier, principalement grâce à leur cerveau émotionnel. Ce cerveau reptilien est le siège de nos émotions et pulsions élémentaires."

Ce cerveau primitif guide certains comportements comme l’hyperconsommation ou certaines addictions qui enclenchent une gratification immédiate. Ainsi, un morceau de chocolat dans la bouche procure une gratification immédiate, alors que les effets à long terme d'une alimentation saine - se sentir en meilleure forme et vivre plus longtemps - sont beaucoup plus éloignés du plaisir à court terme que procure cet aliment, et le fait de connaître les calories d’un aliment a donc très peu d'effet sur les choix que nous faisons".

Le Nutri-Score : un pas dans la bonne direction

Le Nutri-Score, qui existe depuis peu, est un système d'étiquetage nutritionnel à cinq niveaux, allant de A à E et du vert au rouge, placé sur le devant des emballages alimentaires, établi en fonction de la valeur nutritionnelle d'un produit alimentaire. Il indique donc si un aliment est très sain ou (plutôt) malsain.

"Même dans ce cas, de nombreuses études montrent que les consommateurs n'en font que très peu usage. Ce qui est positif dans ce Nutri-Score, c'est que les couleurs fonctionnent comme des feux de signalisation", explique Nathalie Dens. "Le rouge, c'est stop, le vert, c'est OK. C'est quelque chose que notre cerveau émotionnel comprend. J'estime donc que cela apporte quelque chose de plus que des informations purement nutritionnelles sous forme de chiffres".

Les gouvernements sont préoccupés par l'obésité depuis longtemps. "C'est pourquoi des voix s'élèvent pour introduire un nouveau système d'étiquetage: l'équivalent calorique de l'activité physique, ou PACE", explique Clara Cutello, médecin à l'UAntwerpen.

Le label PACE n'est pas encore utilisé chez nous, il reste donc pour l'instant à l'état de recherche. L'étiquette idéale n'existe pas non plus, estime Nathalie Dens. "On pourrait travailler avec une combinaison de plusieurs labels pour les personnes qui ont une vision purement émotionnelle et pour celles qui veulent plus d'informations. Par ailleurs, nous constatons que les gens pensent souvent que ce qui est plus sain est aussi moins savoureux. Un certain groupe sera donc moins enclin à l'acheter parce qu'il pense qu'il ne sera pas aussi savoureux.

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