Le président du parti libéral francophone, Georges-Louis Bouchez, a confirmé dimanche que le président du Conseil européen Charles Michel occupera la tête de liste du MR pour le Parlement européen lors des élections du 9 juin prochain. L’ancien Premier ministre l’avait annoncé lui-même dans une interview accordée notamment au quotidien De Standaard. Charles Michel précisait qu’il compte mettre fin à sa présidence du Conseil en juillet, plutôt qu’au terme de son mandat, fin novembre. Il affirme "vouloir défendre le projet européen auprès des électeurs", en tant que député européen, mais n’exclut pas complètement un retour à la politique belge, si les circonstances le justifiaient. Les observateurs européens sont surpris et estiment que Charles Michel privilégie son propre intérêt à celui de l’Union européenne.
Le MR confie sa tête de liste européenne à Charles Michel, qui se retirera plus tôt de la présidence du Conseil européen
Charles Michel (48 ans) est président du Conseil européen depuis le 1er décembre 2019 et effectue donc actuellement son deuxième mandat. Normalement il aurait dû assumer cette fonction jusqu’à la fin novembre. Ce ne sera pas le cas : dimanche, l’ancien Premier ministre belge annonçait être candidat tête de liste européenne du Mouvement réformateur, aux élections du 9 juin. Il mettra donc fin à son mandat quelques mois plus tôt, en juillet prochain.
Sur la scène de l'Aula Magna à l’Université de Louvain-la-Neuve, Michel précisait : "Je suis candidat pour participer au renforcement de la légitimité démocratique du Parlement européen. Je suis engagé pour le suffrage universel, pour aller à la rencontre des gens." À ses yeux, il faut "une Europe qui respecte et qui se fait respecter". Charles Michel a cité plusieurs enjeux qualifiés d'"exigences" : réussir la transition climatique et digitale, réussir la souveraineté et l'indépendance énergétique de l'Europe ou encore la sécurité et la paix. "La liberté de l'Ukraine, c'est la liberté de l'Europe, c'est notre liberté."
A VRT NWS, il précisait ce dimanche : "Nous devons être très clairs sur notre avenir et ce que nous voulons. Je veux une Union européenne plus forte. Je pense que les dirigeants européens ont le devoir de rencontrer les électeurs pour défendre leur projet". S’il était élu en juin au Parlement européen, Charles Michel (photo) ne pourrait combiner cette nouvelle mission avec la présidence du Conseil européen. Il entend donc exercer sa fonction jusqu'à sa prestation de serment comme député européen, qui est censée avoir lieu le 16 juillet.
Qui succèdera à Michel ?
Michel indique informer de la sorte les membres du Conseil européen six mois avant la première session du Parlement européen. La question de la nomination d'un président ad interim jusqu’au 30 novembre 2024 se pose désormais. La Hongrie prenant la présidence tournante du Conseil de l'UE au 1er juillet, après la Belgique, la possibilité de voir son Premier ministre Viktor Orban reprendre cette fonction est citée, mais risque de susciter d'âpres débats.
Dans les rangs libéraux, cette hypothèse était balayée dimanche. Le président du Conseil doit être nommé avant la première réunion du Parlement européen nouvellement installé. Il serait dès lors tout à fait possible que le successeur de Charles Michel reprenne le poste dès juillet, estime une source bien informée. Et si aucun accord n'est trouvé, une simple décision du Conseil (États membres), à la majorité simple, permettrait d'éviter de confier sa présidence au chef de gouvernement de l'État membre qui assure la présidence tournante.
Retour à la politique belge ?
Interrogé par VRT NWS, Charles Michel n’exclut pas un retour à la politique belge. "J’ai de l’expérience et je sais que certaines circonstances peuvent se produire et jouer un rôle. Mais il est clair que mon choix est européen. Le futur de la Belgique et celui de l’Europe sont liés", déclarait le président du Conseil européen.
Selon Steven Van Hecke, professeur de Politique européenne à la KU Leuven, une place au Parlement européen est pratique. "Via cette voie, Michel sera aussi candidat à toute une série de fonctions européennes. Le gouvernement fédéral belge sortant peut par exemple le proposer comme commissaire belge, pour succéder à Didier Reynders. Ou il peut être un "candidat de tête" au poste de président de la Commission européenne ou celui de président du Parlement européen".
Mais "le signal que Michel donne maintenant c’est que son intérêt personnel prime sur celui des institutions européennes. Il est clairement occupé à tracer son propre avenir professionnel, tandis que le MR résout son problème de formation de listes. Je trouve cela très triste. Quand il est devenu président du Conseil européen il y a 5 ans, Charles Michel savait que son mandat irait jusque fin novembre. Mais cela lui importe apparemment peu actuellement", concluait Steven Van Hecke.
