Ce mercredi en fin d’après-midi, la situation en Flandre orientale restait critique sur la Lys, la Dendre et sur divers cours d'eau non navigables, en raison de la persistance des pluies, indiquait le cabinet de la gouverneure Carina Van Cauter au terme d'une réunion des autorités provinciales. Le niveau des eaux était encore critique également dans plusieurs communes du Brabant flamand, comme Londerzeel, Affligem, Lennik et Liedekerke. Le Centre flamand de gestion du trafic invitait les automobilistes à éviter de sortir à Liedkerke lorsqu'ils quittent l'E40. Dès 19h, les trains ne s’arrêteront plus en gare de Liedekerke. Entretemps, la ministre flamande des Travaux publics Lydia Peeters réclame une réforme des procédures de permis de construire des bassins d'orage ainsi que l'instauration d'un fonds structurel pour les administrations des voies d'eau.
Intempéries : la situation reste critique sur la Lys, la Dendre et divers cours d'eau non navigables
La gouverneure de Flandre orientale Carina Van Cauter indiquait ce mercredi après-midi que les gestionnaires des voies hydrauliques mettent tout en œuvre, mais "en raison des niveaux d'eau élevés provoqués par l'action des marées et de l'augmentation du débit vers la mer, le drainage des cours d'eau non navigables via les cours d'eau navigables est rendu plus difficile. Cela exerce une pression sur le niveau des cours d'eau non navigables, en particulier là où ils se jettent dans les voies navigables, avec un risque d'inondations critiques supplémentaires."
La situation restait préoccupante sur la Lys, en aval vers Deinze et Gand, sur la Dendre à Grammont, Ninove et Alost, ainsi que sur divers cours d'eau non navigables comme à Wichelen, Erpe-Mere et Melle. Les pompiers demeurent sur place, ajoutait la province. "Des pompes supplémentaires seront mises en service là où cela s'avérera nécessaire et des sacs de sable sont fournis avec le soutien de la Protection Civile. L'éclairage public restera allumé durant la nuit (dans le centre et le sud de la province de Flandre orientale), afin que les habitants, services de sécurité et gestionnaires de cours d'eau puissent circuler en toute sécurité."
Dans la région de Gand, le niveau de la Lys était toujours très élevé à Drongen, Afsnee et Saint-Denis-Westrem et l'on se tenait prêt à toute éventualité. "Une légère augmentation du niveau de l'eau dans la région de Drongen-Afsnee est attendue d'ici jeudi après-midi, après quoi le niveau de l'eau devrait baisser selon les prévisions actuelles. Nous demandons à chacun d'être attentif lors de ses déplacements, de ne pas rouler dans des rues inondées et de suivre les déviations", expliquait le bourgmestre de Gand, Mathias De Clercq.
Situation préoccupante par endroits en Brabant flamand
Le niveau des eaux était encore critique dans plusieurs communes du Brabant flamand mercredi après-midi, à savoir Londerzeel, Affligem, Lennik et Liedekerke. La phase provinciale du plan catastrophe est active depuis mardi soir. Les pompiers ont reçu près de 500 appels, pour des inondations et des dégâts dus aux rafales de vent.
Plusieurs rues étaient fermées au trafic à Londerzeel en raison des inondations et la phase communale du plan catastrophe est en vigueur. Quelques maisons sont sous eau. A Affligem, c'est dans l'entité de Teralfene que la situation était encore critique avec plusieurs maisons inondées. Le niveau du Bellebeek inquiète les riverains de Ternat et de Liedekerke. Il descend petit à petit, mais des précipitations pourraient changer la donne.
Sur l'E40, le centre de gestion du trafic recommande de privilégier les sorties Alost et Ternat et d’éviter celle de Liedekerke. La N208 en direction de Liedekerke et la Stationsstraat restent fermées. Les environs de la gare de Liedekerke sont également sous eau et les autorités communales sont prêtes à d'éventuelles évacuations. Dès 19h, les trains ne devraient plus s’arrêter en gare de Liedekerke. A Lennik aussi quelques rues sont inondées, le niveau du Molenbeek étant particulièrement surveillé.
Plus de 200 interventions dans les Ardennes flamandes
Les pompiers ont déjà effectué plus de 200 interventions pour des inondations dans les Ardennes flamandes vers 16h, mais aucune évacuation d'habitation n'avait encore eu lieu mercredi à la mi-journée, rapportait la zone des pompiers des Ardennes flamandes.
Des opérations de pompage plus modestes sont en cours à Audenarde et à Zottegem", expliquait la zone des pompiers. "Aucune évacuation n'a eu lieu jusqu'à présent. Seules quelques caves ont été inondées et la menace pour les habitations est plutôt limitée. Nous restons toutefois attentifs, surtout près du Zaubeek, à Kruisem." Le Zwalmbeek est sorti de son lit à Nederzwalm et à Sint-Denijs-Boekel, mais le ruisseau déborde dans les prairies.
Dans la Groenstraat à Brakel, par contre, des maisons sont menacées et un barrage a été érigé pour protéger sept habitations. "En outre, les communes de Zottegem, Audenarde, Wortegem-Petegem, Kruisem et Maarkedal apportent leur aide aux zones les plus sévèrement touchées autour de la Dendre.
La ministre Lydia Peeters réclame des mesures anti-inondations
La ministre flamande des Travaux publics Lydia Peeters (photo) a réclamé ce mercredi une réforme des procédures de permis de construire des bassins d'orage, ainsi que l'instauration d'un fonds structurel pour les administrations des voies d'eau, alors que les fortes pluies des derniers jours provoquaient des inondations dans le bassin de la Dendre.
Les promesses lancées en 2010, lors d'un précédent épisode de débordements de la Dendre, ne se sont pas traduites dans une modernisation des bassins d'orage et des digues, au contraire de ce qui s'est fait en Wallonie. En réponse, Lydia Peeters a affirmé que le budget pour la gestion du bassin de la Dendre avait été doublé, passant de 60 à 125 millions d'euros par an, et qu'un plan stratégique avait été élaboré. Mais les projets de bassins d'orage buttent sur des recours de comités de riverains, raison pour laquelle la ministre réclame une réforme des procédures de permis qui privilégierait l'intérêt public sur les intérêts de ces particuliers.
"Nous devons vraiment nous préparer à ce qui est déjà en train de se passer. Nous assistons à un réchauffement climatique continu, avec depuis cinq années d'affilée des périodes de sécheresse et de nombreuses inondations. L'eau monte à une vitesse vertigineuse, il faut comprendre cette urgence, y compris au sein des comités", a déclaré la ministre des Travaux publics. Elle plaide pour un fonds de protection des eaux qui permette de budgétiser les travaux à plus long terme qu’une législature, alors que trop de décisions seraient actuellement prises au cas par cas.



