Lorsqu’on se représente un hôpital on pense en général à un lieu froid et aseptisé. Mais, il y a un siècle, Victor Horta avait imaginé cela autrement. Le grand architecte de l’art nouveau avait eu carte blanche pour construire un nouvel hôpital, avec une philosophie révolutionnaire. Pour la première fois, un hôpital bruxellois sera horizontal. Sa conception pavillonnaire permettra de limiter les risques de contamination, tout en respectant l'environnement. Brugmann sera "l’hôpital-jardin" de Victor Horta.
Quelle est la particularité de l'hôpital Brugmann conçu par l’architecte Victor Horta ?
Dans sa rubrique "Big City", l’hebdomadaire bruxellois BRUZZ - destiné aux Bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) - publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale.
Jusqu'à la fin du 19e siècle, les hôpitaux publics étaient surtout des lieux de soins réservés aux pauvres ou indigents et aux orphelins: les bourgeois se faisaient soigner à domicile ou dans des cliniques privées.
A l’époque, la Ville de Bruxelles possédaient deux hôpitaux, l’hôpital Saint-Jean, à l’angle du boulevard du Jardin botanique et de la rue Pachéco, et l’hôpital Saint-Pierre, rue Haute, près de la porte de Hal.
Mais comme la population bruxelloise ne cessait d'augmenter et les épidémies aussi, ces hôpitaux se révélèrent très vite obsolètes. Aucun des deux hôpitaux n'était entièrement équipé pour faire face à cette augmentation de la population ; un nouvel hôpital était donc nécessaire.
Financé grâce au mécénat de Georges Brugmann
Le nouvel hôpital devait être construit dans les faubourgs, en dehors de la ville, car il y avait plus d'espace et la qualité de l'air y était meilleure. Le choix se porta sur un terrain d’environ dix hectares situé à l’époque à Jette-Saint-Pierre.
La réalisation du site originel du nouvel hôpital est confiée en 1906 à un des grands architectes de la ville, Victor Horta. Celui-ci utilisa ce grand terrain de manière très innovante. S'inspirant d'exemples à l’étranger, il ne voulait plus que l'hôpital soit conçu en hauteur, mais plutôt horizontalement. Il a donc construit plusieurs pavillons. Il y avait de nombreuses raisons à cela.
Inauguré en 1923
Il y a d'abord la philosophie de l'hôpital-jardin et l’idée que les malades entourés de nature guérissent plus vite. C'est pourquoi on trouve sur le site de nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes, chacune fleurissant à un moment différent.
Les patients pouvaient quitter leur lit d'hôpital pendant un certain temps au cours de leur rééducation pour aller se promener dans le parc. Les différents pavillons, disposés au milieu de jardins communicants, donnaient priorité à la dimension humaine.
De la lumière et du bon air
Horta estimait qu'il était très important d'avoir suffisamment de lumière et d'air. Les chambres ont donc été dotées de grandes fenêtres orientées vers le soleil, l’architecte a même calculé les mètres cubes d'air dont disposerait chaque patient dans une chambre, afin qu'ils soient moins susceptibles de se contaminer les uns les autres.
Le fait de maintenir ce risque d'infection aussi bas que possible était une motivation supplémentaire pour choisir des pavillons différents. L’implantation des bâtiments sépare les fonctions et les départements de l'hôpital. Chaque pavillon a été orienté différemment. Pédiatrie, oncologie, dermatologie... afin que les personnes souffrant de pathologies différentes interagissent le moins possible.
C'est pourquoi les bâtiments où se déroulaient les consultations étaient situés à un endroit différent de ceux où se trouvaient les malades.
Direction du vent
Il est indéniable que Horta accordait de l'importance à la ventilation. Lors de la construction, il a tenu compte du vent dominant du sud-ouest. De cette manière le vent ne pouvait pas passer des bâtiments de malades vers ceux où se déroulaient les interventions chirurgicales.
Ce ne sont là que quelques exemples de la façon dont le projet de Horta a été parfaitement mis en œuvre. Bien que la médecine ait connu une évolution rapide au 20e siècle et que les pavillons aient dû être de plus en plus adaptés, il est indéniable que certains principes de sa conception sont toujours d'actualité 100 ans plus tard.
Ces dernières années, de nouvelles ailes ont été construites. Le défi aura été de faire rentrer l’hôpital dans une nouvelle époque, tout en conservant l’héritage de Victor Horta.
Le nouveau terminus de la ligne de tram 62 se trouvera devant l'hôpital Brugmann à Laeken. C'est ce que prévoit la STIB. Elle a introduit une demande de permis pour le réaménagement de la place Arthur Van Gehuchten et des rues avoisinantes (voir ci-dessous).
