Le roi Philippe a vanté dimanche la "force de l'espérance" pour faire face aux "temps sombres" vécus en cette année 2023, avec une scène internationale dominée par des conflits armés et la violence au sein de notre société. Le Roi a également souligné la "fragilité de nos démocraties" et l'ampleur des défis climatiques.
Le Roi, dans son discours de Noël évoque la "fragilité de nos démocraties" et mise sur la "force de l'espérance" face aux "temps sombres"
"Cette année encore, nous vivons des temps sombres" a commencé le roi Philippe. Le souverain faisait référence à la scène internationale dominée par des conflits armés et des guerres, en Ukraine, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et des violences "inouïes" au Proche-Orient "qui nous touchent au plus profond de notre humanité".
"Je pense aussi à la violence verbale, qui passe souvent par l'anonymat d'internet. À la violence intrafamiliale. Aux violences sexuelles, qui n'épargnent aucun milieu", a ajouté le Roi.
La "fragilité de nos démocraties"
Le Roi ajoute que la violence engendre la peur, qui vient nourrir l'angoisse et un sentiment d'impuissance face à un avenir incertain".
En ce qui concerne l’avenir , le Roi évoque la fragilité de nos démocratie, une référence, par exemple, aux élection qui auront lieu l’année prochaine dans notre pays et où (selon le dernier sondage de la RTBF, le Vlaams Belang deviendra confortablement le plus grand parti flamand, ndlr) et aux résultats électoraux aux Pays-Bas (où le PVV de Geert Wilders, parti de droite radicale, a été le grand vainqueur, ndlr), mais aussi au Premier ministre hongrois Viktor Orban (qui poursuit sa politique anti-européenne et populiste, ndlr).
"De notre côté, montrons l'exemple d'une société où les personnes de toute origine et de toute conviction construisent ensemble un avenir commun", a ajouté le souverain, en citant l'exemple d'un pays - la Belgique - "qui vit pleinement son interculturalité".
Il a cependant déploré le fait que "malheureusement, la violence due à l'exclusion, à la discrimination, au racisme reste présente dans notre société".
Le souverain oppose toutefois à ces constats "une force vitale", celle "de l'espérance" dans ce dixième discours de fin d'année depuis son accession au trône en 2013, enregistré dans son bureau au Château de Laeken.
La "force de l’espérance"
"Mais à la peur et l'angoisse qui découragent et paralysent, et finalement à la violence, nous pouvons opposer une force vitale : la force de l'espérance", a-t-il déclaré.
"Il ne s'agit pas ici d'un optimisme naïf, ni passif. Au contraire, l'espérance est une énergie que nous puisons au fond de nous-mêmes et qui se manifeste au contact de ceux qui s'engagent concrètement pour un monde meilleur. Et elle grandit encore quand l'on s'engage soi-même", a poursuivi le chef de l'État.
Selon lui, "la force de l'espérance nous fait avancer, avec confiance, sur un chemin éclairé par ceux qui croient en la force de la démocratie, en la puissance constructive de la nuance, de l'écoute, du dialogue, du respect de l'autre, ceux qui travaillent à la justice et la paix sociales, ceux qui accueillent la détresse autour d'eux".
Pour une "société chaleureuse"
Il a souligné que "notre réponse aux dysfonctionnements de notre monde sera un esprit de coopération et non de division, de poursuite du bien commun : un monde durable, mais aussi une société chaleureuse". "Car les deux vont de pair, a-t-il assuré.
Pour le Roi, "chacun et chacune, au mieux de ses possibilités, peut participer à un cercle vertueux qui rapproche et rassemble les gens et qui permet ainsi d'aborder le futur avec réalisme et sans crainte".
Il a enfin associé son épouse, la reine Mathilde, ses enfants, et toute sa famille afin de "souhaiter à tous et à toutes une belle fête de Noël et une heureuse année nouvelle".
Les trois photos de l’année 2023
Sur une petite table on peut apercevoir trois photos :
La première représente le couple royal Philippe et Mathilde. L’année 2023 aura été une année de célébrations, puisqu’il y a dix ans Philippe succédait à son père le roi Albert II.
La deuxième est celle de la famille royale au grand complet, elle date de cet été et a servi comme carte royale de Noël.
Enfin la troisième photo représente le Roi en compagnie du Prince Emmanuel, troisième dans l'ordre de succession au trône, qui a eu 18 ans cette année.

