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L'ancien ministre Van Quickenborne et une image de la fête controversée

Images d'une fête : Van Quickenborne a enfreint les règles sanitaires pendant l'épidémie de Covid en 2021

L'ancien ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a enfreint les règles visant à lutter contre la propagation du coronavirus (Covid-19) au cours d'une fête privée qui a eu lieu en août 2021, écrit le quotidien Het Laatste Nieuws ce vendredi sur base de photos et de vidéos qu'il a pu consulter. Les faits sont décrits dans un livre sur l’homme d’affaires néerlandais Salar Azimi. Vincent Van Quickenborne (photo, à g.) parle d'une erreur de jugement et présente ses excuses.

Anne François Belga
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La fête incriminée s'est tenue le 21 août 2021 dans un château de Courtrai (Flandre occidentale), après le festival 'Kamping Kitsch Club'. Celui-ci avait accueilli 18.000 personnes sans restrictions sanitaires, les spectateurs ayant dû présenter un Covid Safe Ticket à l'entrée.

"La fête après le festival a eu lieu dans une somptueuse maison d’un notable de Courtrai. Toute une série de mesures de prévention sanitaires étaient encore en vigueur à l’époque, mais pour les notables et leurs amis ce sont apparemment d’autres règles qui s’appliquaient. (…) La perspective a complétement changé lorsque j’ai appris par la suite que l’une de ces personnes était le ministre belge de la Justice". Il s’agit d’un passage extrait d’un nouveau livre sur l’homme d’affaires Salar Azimi - qui a fui l’Iran et trouvé asile aux Pays-Bas, où il est devenu millionnaire - qui a lancé la polémique il y a une semaine et demie. Azimi, connu notamment pour ses apparitions dans l’émission télévisée "The sky is the limit", raconte une fête privée à Courtrai à laquelle il a assisté et qui accueillait davantage d’invités que ne le permettaient à l’époque les mesures sanitaires en vigueur.

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Les images révélées par le journal populaire flamand montre l'ancien ministre de la Justice, en exercice à l'époque - et responsable pour le suivi des règles sanitaires -, discuter avec une quinzaine de personnes dans une cuisine. Des images le montrent aussi sur une piste de danse. Les règles en vigueur à ce moment-là interdisaient des rassemblements de plus de huit personnes à l'intérieur. Un Comité de concertation s'était tenu la veille du festival et avait décidé d'importants assouplissements des règles sanitaires. Mais celles-ci n'étaient entrées en vigueur que le 1er septembre.

Vincent Van Quickenborne a évoqué une "fête à l'extérieur" mise sur pied par les organisateurs du festival dans le jardin de l'un des invités. "Il se peut qu'à un certain moment il y ait eu plus de huit personnes à l'intérieur en même temps. J'aurais dû sortir à ce moment-là et j'ai peut-être fait une erreur de jugement", a admis l'ancien ministre, redevenu député fédéral. "Le fait qu'il y ait eu beaucoup de festivals sans restrictions, le fait que tous les invités étaient doublement vaccinés et le fait qu'il avait déjà été décidé de supprimer toutes les restrictions, ont conduit à une certaine négligence. Cela n'était pas autorisé. J'en suis désolé".

“Pas de mauvaises intentions”

A la question posée par VRT NWS, Salar Azimi répondait : "Je ne savais pas qui il était. A un certain moment, je lui ai brièvement parlé. Plus tard, quelqu’un est venu me dire qu’il s’agissait du ministre belge de la Justice. J’avais peine à le croire. Mais quand j’ai cherché sur Google, j’ai effectivement vu apparaître son visage à l’écran".

Azimi affirme n’avoir pas voulu révéler ces faits, "mais l’affaire a pris de l’ampleur à cause du livre. Un journaliste l’avait commandé via bol.com et y a lu le passage. Il m’a contacté. Je ne savais même pas que le passage s’y trouvait " Azimi n’estime pas que ce soit grave, mais se dit frustré par "la situation hypocrite à la Justice".

Il est surtout fâché sur la justice néerlandaise, qui lui a récemment confisqué différents biens dans le cadre d’une enquête sur des faux en écriture. Azimi est aussi poursuivi en Belgique, par le tribunal de police, "après une course poursuite sur l’E34 avec une Lamborghini".

"Je n’avais pas de mauvaises intentions", déclare Azimi à propos de l’affaire Van Quickenborne. "Sinon, j’aurais rendu les choses publiques alors qu’il était encore ministre de la Justice. J’aurais préféré que l’auteur du livre ne mentionne pas ces faits, parce que je reçois sans cesse des appels maintenant. Mais puisque cela a été rendu public, je préfère dire la vérité".

Sur cette photo, on voit que Vincent Van Quickenborne s'amuse à la fête privée, à côté d'Azimi (au chapeau)

"Erreur de jugement”

L’ancien ministre Van Quickenborne a depuis lors admis qu’il avait fait "une erreur de jugement". "Je me suis rendu à la fête pour remercier les organisateurs du festival. Quand je suis arrivé, la plupart des gens se trouvaient dehors. Mais à un certain moment nous étions plus nombreux que 8 à l’intérieur. J’aurais dû quitter la pièce, mais je ne l’ai pas fait. Je veux présenter mes excuses pour cela".

Vincent Van Quickenborne comprend l’indignation que cette histoire soulève. "Je tiens cependant à souligner que nous étions à la fin de la crise du coronavirus et que nous venions de décider d’assouplir les mesures de prévention". "En plus de cela, il y avait au festival aussi le Spoiler Room, dans lequel 5.000 personnes étaient rassemblées dans une tente. Sans masque buccal, et sans distanciation. C’était possible, parce qu’elles avaient un Covid Safe Ticket. Cela montre, d’après moi, que certaines règles sanitaires n’étaient pas logiques. Je m’en excuse également", déclarait Van Quickenborne.

Une photo de festival datant de l'été 2021, que Van Quickenborne a demandé d'ajouter à cet article pour démontrer que les règles sanitaires de l'époque n'étaient pas toujours logiques.

Pas d'amende

Ce n’est pas la première fois que Vincent Van Quickenborne fait parler de lui pour un comportement qui interpelle, lors d’une fête privée. Il y a deux mois, des images provenant d’une fête qu’il avait organisée pour son anniversaire et lors de laquelle des invités avaient uriné en direction d’une camionnette de police stationnée devant la demeure du ministre, alors que lui-même avait été filmé faisant des mouvements qui pouvaient faire penser qu’il en faisait de même, avaient déjà provoqué la polémique. Le ministre avait rétorqué quelques jours plus tard qu’il avait été filmé alors qu’il faisait semblant de jouer de la guitare.

Van Quickenborne ne doit pas craindre d’amende pour la fête à Courtrai. La justice a annoncé qu’elle n’ouvrait pas d’enquête à ce sujet. "Il n’y a pas eu de signalement au moment des faits, qui n’ont donc pas pu être constatés par la police. On ne peut plus vérifier la véracité des propos du livre"', concluait le parquet.

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