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Un campement de migrants à Bruxelles

Pour Nicole de Moor : Le Pacte sur la migration constitue une "réforme radicale et nécessaire"

Le Pacte sur la migration constitue "une réforme radicale et nécessaire" de la politique européenne en matière de migration et d'asile, a estimé mercredi Nicole de Moor (CD&V), la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration.

Eric Steffens Belga
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"Il est nécessaire de mieux contrôler qui peut migrer vers l'UE et qui ne le peut pas, et il est logique que tous les pays européens fassent enfin des efforts équitables pour accueillir les personnes qui se voient accorder l'asile", a-t-elle souligné dans un communiqué.

Selon la secrétaire d'État, moins de la moitié des demandeurs d'asile dans notre pays ont besoin de protection, raison pour laquelle elle a fait pression ces dernières semaines sur ses collègues européens pour qu'ils rendent la procédure frontalière obligatoire, permettant notamment de renvoyer directement dans leur pays d'origine les personnes ayant essuyé un refus.

Une fois pleinement mis en œuvre, le pacte permettra de réduire considérablement la pression exercée sur notre pays en matière d'asile, a poursuivi Nicole de Moor. La contribution équitable de la Belgique au titre de la solidarité obligatoire s'élève en principe à 3,2 % du total. Appliquée à l'afflux dans l'Union européenne cette année, la part équitable de notre pays s'élèverait à 11.400 demandeurs d'asile (période janvier-novembre). Cela représente environ un tiers du nombre réel de demandes d'asile dans notre pays au cours de cette période (31.500), a-t-elle illustré.

L'objectif de ce nouveau Pacte européen sur la migration - qui devra être approfondi au cours des semaines et des mois à venir sous la présidence belge et devra finalement faire l'objet d'un vote au Parlement européen - est de "reprendre le contrôle de la migration". "Une politique d'asile qui offre une protection à ceux qui fuient la guerre et les persécutions, une politique migratoire qui nous permet d'attirer les talents sur notre marché du travail de manière contrôlée. Cette politique sera associée à une gestion plus rigoureuse des frontières pour lutter contre la migration irrégulière et à une politique de retour plus stricte pour les personnes qui n'ont pas le droit d'être ici", a conclu la secrétaire d'État.

Un pacte européen "inapplicable et contraire aux droits fondamentaux", dénonce le CNCD

L'accord trouvé par les 27 États membres de l'UE pour modifier en profondeur le système migratoire et d'asile européen est "inapplicable et contraire aux droits fondamentaux", réagit mercredi le CNCD.

Le pacte, qui prévoit notamment un contrôle renforcé des arrivées de migrants dans l'UE, des centres fermés près des frontières pour renvoyer plus rapidement ceux n'ayant pas droit à l'asile, et un mécanisme de solidarité obligatoire entre pays membres au profit des États sous pression migratoire, devra encore être formellement approuvé par le Conseil (États membres) et le Parlement européen.

Le CNCD, ainsi que le Ciré, Caritas, les syndicats et d'autres organisations, s'inquiètent des procédures envisagées, qui "conduiront à des détentions massives aux frontières extérieures de l'UE", sans garantie que des mineurs ne seront pas détenus, ainsi que de la mise en place de procédures accélérées pour les personnes originaires de pays dont le taux de reconnaissance de protection est inférieur à 20%. Le tout sans réponse au "problème croissant des refoulements illégaux et violents aux frontières extérieures".

Les organisations déplorent également l'introduction du concept de solidarité flexible, qui permet aux États qui accueillent déjà peu des demandeurs d'asile "d'acheter leur quote-part de solidarité".

Enfin, le CNCD met en garde contre un transfert de responsabilités de la gestion des questions migratoires encore plus important vers des pays extérieurs à l'UE et "une interprétation très vague de la notion de pays tiers sûrs". "Ce type d'accord va à l'encontre des droits humains et des principes fondamentaux de la coopération internationale."

Les propositions sont en outre "inapplicables dans la pratique étant donné leur complexité et leur coût", jugent les organisations, qui plaident pour une charge de l'accueil "répartie équitablement dans l'ensemble de l'UE grâce à un plan qui tient compte des paramètres socio-économiques des États".  

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