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Le président de la N-VA, Bart De Wever

La N-VA veut se présenter aussi au sud du pays, "pour libérer la Wallonie du PS"

Le président du parti nationaliste flamand Bart De Wever (photo) indiquait samedi dans une interview accordée au quotidien Het Laatste Nieuws vouloir ouvrir le débat en Wallonie et y présenter des listes aux prochaines élections. "Nous voulons apporter notre récit du confédéralisme dans la bataille électorale et dans le débat public". Sur le plateau de l’émission dominicale De Zevende Dag (VRT), le président de la N-VA confirmait : "Nous nous sommes un peu préparés. Je ne pense pas que nous obtiendrons une masse de sièges en Wallonie. Mais nous voulons la libérer du PS".

Anne François Belga
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Interrogé ce dimanche dans De Zevende Dag sur une possible montée du parti d’extrême-droite Vlaams Belang aux prochaines élections de 2024 - comme ce fut le cas tout récemment pour le PVV de Geert Wilders au dernier scrutin en date aux Pays-Bas - et sur une éventuelle coalition de la N-VA avec le Vlaams Belang, Bart De Wever a estimé que la question pertinente est celle de la poursuite ou non de la coalition fédérale Vivaldi.

"Vous me demandez tout le temps si nous allons faire quelque chose avec le Vlaams Belang. Mais ce que vous ne faites jamais, c'est de demander à Sammy Mahdi (président du CD&V) et Tom Ongena (président de l'Open VLD): êtes-vous prêts à constituer un nouveau gouvernement Vivaldi avec un tiers des voix flamandes? Cette question est plus pertinente".

Le président du parti nationaliste flamand, dans l'opposition à l'échelon fédéral, a également réitéré l'idée de présenter son parti en Wallonie. L'ambition n'est pas "de faire une percée et de recueillir beaucoup de sièges" mais plutôt de promouvoir l'idée du confédéralisme et alimenter le débat avec "l'idée qu'en Wallonie, on doit se débarrasser du PS". "Le PS est néfaste pour la Belgique. La Wallonie doit être libérée du PS", a déclaré De Wever, qui estime que la gestion des socialistes francophones est encore pire que des pays du bloc de l'Est qui se sont affranchis du communisme.

"C'est dû à une gestion de gauche qui fonctionne uniquement grâce au tiers payant de la Flandre." Pour cette raison, la N-VA veut "envoyer sur le terrain" des personnes qui relaieraient ce message. Des Flamands qui parlent suffisamment le français ou des francophones. De Wever n’a pas cité de noms.

La N-VA aurait-elle une chance de percer en Wallonie ? C’est la question qui était ensuite posée au journaliste francophone Alain Gerlache (photo) sur le plateau de l’émission De Zevende Dag. Le journaliste de la RTBF a rappelé qu’aux élections de 2019, le Vlaams Belang d’extrême droite avait présenté des listes en Wallonie.

"Personne ne sait au sud du pays ce qu’est le modèle de confédéralisme que la N-VA défend. Ce serait un débat intéressant à y mener. C’est dommage que Bart De Wever refuse depuis des années des interviews ou la participation à des débats en Wallonie, alors qu’il est parfaitement bilingue. La N-VA pourrait attirer des électeurs de droite du MR, mais aussi des voix de protestation qui iraient normalement au parti d’extrême droite wallon Chez Nous", estime Gerlache.

Le journaliste Alain Gerlache

Quelle campagne pour les élections ?

Comment Bart De Wever envisage-t-il sa campagne pour les scrutins 2024 ? "J’opte pour une politique de centre-droit pour faire comprendre aux électeurs du Vlaams Belang que nous comprenons leurs frustrations, mais qu’en Belgique cela ne sert à rien de voter extrême-droite. Cela ne fait que préparer une coalition Vivaldi II".

De Wever comparait la situation belge à celle de nos voisins du nord. "Les Pays-Bas sont une démocratie, la Belgique ne l’est pas. Aux Pays-Bas, Geert Wilders pourrait arriver au pouvoir après son résultat électoral. La Wallonie est pour 80% très à gauche et n’acceptera jamais de négocier avec le Vlaams Belang. Ce qui veut dire que si on veut former une coalition Vivaldi II, on espère que le Vlaams Belang gagnera beaucoup de voix, dont on ne fera rien. Et on pourrait voir se former une Vivaldi II avec seulement un tiers des voix de Flandre".

"La seule chose que je suis prêt à négocier au niveau fédéral, c’est un confédéralisme", précisait le président de la N-VA. "Mais cela peut durer longtemps. Nous devons entretemps former un cabinet d’urgence, un petit gouvernement de technocrates. Et il faut assainir le budget. Je suis prêt à faire cela, à prendre mes responsabilités dans pareil cadre. Pour cela, je quitterais Anvers pour me rendre à Bruxelles. Mais pour autre chose je ne me déplace plus".

Bart De Wever devant l'hôtel de ville d'Anvers

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