Le point de contact néerlandophone de l'Eglise pour signaler les violences sexuelles sur mineurs dans des relations pastorales a reçu, entre 2011 et juillet 2023, quelque 686 signalements d'agressions sexuelles. C’est ce qu’ont indiqué ses membres ce vendredi à la commission d’enquête du Parlement flamand qui doit évaluer la manière dont les violences sexuelles dans l'Eglise et autres relations d'autorités ont été traitées.
En 12 ans, le point de contact néerlandophone de l'Eglise a reçu 686 signalements d'abus
Lors de l'audition, quelques députés flamands ont remis en question l'indépendance du point de contact, qui fonctionne au sein des structures de l'Eglise. Sa coordinatrice, Mia De Schamphelaere, a rétorqué que le point de contact fonctionnait grâce à des bénévoles qui travaillent de manière indépendante. L'objectif est de placer les victimes au centre, pour qu'elles aient la possibilité de raconter leur histoire, à leur propre rythme.
Depuis le lancement de ce point de contact en 2011, et jusqu'en juillet 2023, quelque 686 signalements sont parvenus au point de contact, dont 535 provenaient des victimes elles-mêmes. Les autres étaient issus de proches. La moitié des victimes qui se sont signalées étaient âgées entre 40 et 60 ans, 35% avaient plus de 60 ans. Dans 70% des cas, les victimes étaient âgées de 10 à 18 ans au moment des violences. Seize pour cent avaient moins de 10 ans à l'époque.
Par ailleurs, 44% des auteurs d’abus sexuels étaient décédés au moment du signalement. La moitié des plaintes concernait des agressions avec violence et menace, tandis que 22% dénonçaient des viols. De nombreuses violences ont été commises dans des paroisses, des écoles et des internats.
Peu d'excuses
Le point de contact, lorsqu'il reçoit un tel signalement, demande à la victime si elle souhaite un entretien personnel avec un membre du diocèse. Des informations sont également collectées sur l'auteur, auquel il est demandé de s'excuser. Cela n'arrive cependant que rarement. Les excuses proviennent plutôt de l'évêque ou tout autre représentant du diocèse.
Le dossier est aussi transmis à la Justice, le point de contact recommandant à la victime et au diocèse de se porter partie civile. Une compensation morale, sous la forme d'une somme d'argent, est également proposée aux victimes. Entre 2011 et juillet 2023, quelque 283 accords ont été conclus, se situant dans 88% des cas entre 2.500 et 25.000 euros de compensation.
Si l'auteur est toujours en vie, le diocèse prend des mesures en conséquence, ne lui autorisant plus à procéder à des sacrements dans l'espace public ou à présider l'eucharistie. Les chiffres datent d'avant la diffusion du documentaire "Godvergeten" (VRT) qui a créé une nouvelle onde de choc sur la réalité des violences sexuelles commises par des membres de l'Eglise. Depuis la diffusion, le point de contact a reçu 154 demandes, dont 30% venaient de Belgique francophone.


