Seuls cinq chômeurs de longue durée effectuent actuellement un service communautaire en Flandre, pourtant obligatoire dans leur cas depuis le début de cette année, a indiqué le cabinet du ministre flamand de l'Emploi Jo Brouns (CD&V). Il précise que le système ne remporte pas de succès parce que ses critères de sélection sont trop stricts.
Trop peu de chômeurs de longue durée prestent le service communautaire obligatoire en Flandre
En principe, les personnes sans emploi depuis plus de deux ans doivent effectuer des travaux d'intérêt général en Flandre. Entrée en vigueur au début de cette année 2023, la mesure faisait partie de l'accord de gouvernement flamand, qui y voyait un moyen de relever le taux d'emploi.
Les demandeurs d'emploi doivent ainsi prester deux jours par semaine maximum pendant au moins six mois. En échange, ils reçoivent une rétribution de 1,30 euro en plus de leurs indemnités de chômage. Une mesure qui répond notamment aux craintes de la Cour constitutionnelle, qui assimilait sinon ces tâches à du travail forcé.
Quelque 94 communes flamandes ont décidé d'appliquer la mesure. Elles proposent 819 places au total, pour lesquelles elles reçoivent un subside dans le cadre du plan de relance européen. Cependant, seules cinq personnes à la recherche d’un emploi depuis plus de deux ans travaillent actuellement dans le cadre de ce système, ce qui est "trop peu", a concédé le ministre flamand de l’Emploi Jo Brouns (photo). Il souhaite évaluer la mesure.
En Flandre, 37.000 personnes sont au chômage depuis plus de deux ans. Cela représente une diminution de 13.000 personnes par rapport au début de la législature (50.000 personnes).
Critères trop stricts ?
L’office flamand pour l’emploi et la formation VDAB attribue le manque de succès de cette formule à ses critères trop stricts. Dans le cadre d’un service communautaire, le chômeur de longue durée ne peut prester que 64 heures par mois, expliquait Joke Van Bommel à VRT NWS.
Nombre de demandeurs d’emploi de longue durée sont donc plutôt dirigés vers des stages qu’un service communautaire, parce qu’ils peuvent y prester davantage d’heures. Ou ils se voient conseiller une formation. Le VDAB souligne qu’il cherche pour chaque chômeur de longue durée le trajet le plus adéquat pour accroître ses chances de retrouver un emploi. Ce qui a permis de faire baisser de plus de 25% le nombre de chômeurs de longue durée depuis le début de la législature.
