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Votre question sur Bruxelles : Combien y a-t-il d’espions actifs dans notre capitale ?

En plus d’être le siège de nombreuses institutions internationales, Bruxelles s’avère être aussi, depuis la guerre froide, le repère de nombreux espions. Mais combien sont-ils dans notre capitale ? C’est ce que nous propose de découvrir l’hebdomadaire BRUZZ dans sa rubrique Big City.

BRUZZ Eric Steffens
Publié:

Dans sa rubrique "Big City", l’hebdomadaire bruxellois BRUZZ - destiné aux Bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) - publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale.

Que Bruxelles soit un nid d'espions n'est pas une surprise. Les 143 institutions internationales qui y sont installées brassent de nombreuses informations. Lorsque le siège de l'OTAN a été transféré de Paris à Bruxelles en 1967, les militaires et les diplomates n'ont pas été les seuls à faire le déplacement, les espions ont également trouvé le chemin de notre capitale. C'est surtout pendant la guerre froide que les activités d'espionnage ont été les plus nombreuses. La Stasi, le service de renseignement de l'Allemagne de l'Est, avait 134 espions en poste à Bruxelles, bien plus que les 45 agents du KGB ou leurs sept collègues tchécoslovaques.

Ces derniers n'hésitaient pas à recruter des personnalités belges. Ainsi, les Tchèques auraient tenté de faire appel aux services de l'ancien bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans, alors qu'il était encore chef de cabinet du bourgmestre Hervé Brouhon. Cependant, après plusieurs réunions entre 1986 et 1989, les espions tchécoslovaques ont conclu que Thielemans ne semblait pas être la bonne personne pour le poste.

C'est finalement Guy Binet, un colonel de l'armée de l'air qui a travaillé avec les Russes au milieu des années 1980, qui a été jugé apte à remplir cette fonction. À l'aide d'une mallette à double fond, il a fait sortir clandestinement des informations secrètes des bâtiments de l'état-major général de l'armée belge.

Une cible d'espionnage de premier plan

Avec 300 missions diplomatiques et consulaires, 26 000 diplomates et de nombreux sièges d'entreprises et d'institutions internationales sur son territoire, Bruxelles est restée une cible d'espionnage de premier plan même après la chute du mur de Berlin.

En 2003, par exemple, les services de sécurité ont trouvé cinq valises noires dans les murs du bâtiment Juste Lipse, le siège principal du Conseil de l'Union européenne. Il s'est avéré que ces valises étaient remplies de dispositifs d'écoute.

Couverture

Selon un rapport du service de sécurité interne au Service Européen d'Action Extérieure (SEAE) cité par le magazine allemand Die Welt en 2019, Bruxelles comptait environ 200 espions russes et 250 espions chinois.

Il est difficile de déterminer le nombre exact d'espions qui sillonnent notre capitale, mais les estimations de la Sûreté de l'État belge font état de plusieurs centaines. Tous opèrent sous la couverture d'un journaliste, d'un lobbyiste, d'un étudiant étranger voire d'un diplomate.

Ce dernier statut est particulièrement intéressant, car les diplomates sont en principe intouchables. En cas d'espionnage, le pays d'accueil n'a donc guère d'autre choix que d'expulser l’intéressé. C'est ce qui s'est passé en avril 2022, lorsque la Belgique a déclaré 21 diplomates russes persona non grata. Les antennes de leur ambassade ne servent donc pas uniquement à regarder la télévision russe. Jusqu'à l'expulsion de 2022, un employé sur trois de l'ambassade russe à Uccle était un agent de renseignement.

Un restaurant bruxellois rempli d'espions

D'autres services de renseignement sont également actifs à Bruxelles. Les services secrets rwandais et congolais traquent notamment les opposants politiques potentiels. La Chine a également des yeux et des oreilles à Bruxelles. Les services de sécurité de l'Union européenne ont lancé un avertissement à ce sujet en 2019. Les diplomates de l'UE ont alors été invités à se montrer discrets dans les cafés et les restaurants du quartier européen.

Ainsi le journal Het Nieuwsblad avait cité un restaurant de steaks bien connu, situé à deux pas du Berlaymont, comme étant un repère d’espions où les fonctionnaires européens n’avaient pas intérêt à aborder des dossiers sensibles ni à laisser traîner smartphone ou ordinateur portable mais devaient se contenter de déguster un bon filet de bœuf.

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