Lors de sa visite en Israël et dans les territoires palestiniens, en compagnie de Pedro Sanchez, chef du gouvernement espagnol, le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a rencontré, jeudi matin, le président Isaac Herzog et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem. Au cours de ses entretiens, Alexander De Croo a envoyé un message clair : "Israël doit redoubler d'efforts pour éviter les pertes civiles !"
Alexander De Croo a rencontré le président israélien Isaac Herzog : "Nous ne sommes pas ici pour échanger de bonnes nouvelles"
Alexander de Croo a également dit avoir plaidé pour l'ouverture d'un nouveau poste-frontière pour faciliter l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, qui ne peut jusqu'à présent que passer par celui de Rafah, à la frontière égyptienne. Selon le Premier ministre belge, la discussion avec Benjamin Netanyahu s'est avérée "ouverte" mais tendue. "Nous ne sommes pas ici pour nous échanger de bonnes nouvelles", a-t-il commenté après la rencontre. Le Premier ministre israélien ne s'est lui pas présenté aux journalistes européens.
Le Premier minsitre belge dit avoir insisté sur la nécessité de redoubler d'efforts pour limiter les pertes civiles, soulignant qu'il y avait déjà eu beaucoup trop de victimes civiles à Gaza. La trêve humanitaire de plusieurs jours, annoncée mais toujours pas entrée en vigueur, est l'occasion de relancer le processus de paix, selon M. De Croo, même si son homologue israélien répète que la guerre est loin d'être finie. "Nous ne voulons pas 10.000 morts supplémentaires. C'est un moment important (...) N'en faisons pas une nouvelle occasion manquée", a déclaré Alexander De Croo à la presse.
"La lutte contre le terrorisme ne se gagne pas uniquement en usant de la force", a souligné de son côté le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez auprès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
"Il faut aussi offrir un horizon de paix et de sécurité, tant aux Palestiniens qu'aux Israéliens, a ajouté le socialiste espagnol, se référant aux dizaines d'années de lutte que le gouvernement hispanique a mené au sein de ses propres frontières contre le terrorisme, imputable aux séparatistes basques de l'ETA comme à l'extrême droite et à l'islamisme lors des attaques du 11 mars 2004 à Madrid.
De Croo et Sanchez se sont rendus au kibboutz de Be'eri
Le Premier ministre Alexander De Croo et son homologue espagnol Pedro Sanchez se sont rendus jeudi, avec l'armée israélienne, à Be'eri. Dans ce kibboutz, situé à quelques kilomètres de la bande de Gaza, plus de 100 personnes ont été assassinées par des membres du Hamas le 7 octobre dernier et 25 autres ont été enlevées. Qualifiant ces actes "d'inhumains", le Premier ministre belge a rappelé qu'"à trois kilomètres de là également il se passe des choses terribles".
Les deux Premiers ministres européens étaient escortés par l'armée israélienne, tandis que des tirs de mortier étaient effectués en direction de la bande de Gaza. Le nouveau ministre des Affaires étrangères britannique, David Cameron, les avait précédés en matinée. Le duo belgo-espagnol a notamment été emmené dans la maison de Vivian Silver, activiste pour la paix israélo-canadienne, assassinée le 7 octobre. On leur a aussi montré des images de corps, parfois démembrés ou brûlés, sur une tablette, a expliqué Alexander De Croo.
"L'objectif (du Hamas, NDLR) était clairement de faire ici le plus de morts possibles. Et de manière inhumaine", a commenté le Premier ministre après la visite du kibboutz. Il a néanmoins réaffirmé ses propos: Israël doit redoubler d'efforts pour limiter le nombre de pertes civiles à Gaza, comme il l'avait dit à Benjamin Netanyahu plus tôt dans la journée. "Ce que nous voyons ici est terrible, mais à trois kilomètres d'ici, il y a plus de 10.000 morts et on y voit aussi des choses terribles", a-t-il déclaré en référence aux opérations de représailles de Tsahal dans la bande de Gaza.
Le Premier ministre belge espère que la trêve humanitaire de plusieurs jours, annoncée mais toujours pas entrée en vigueur, entre le Hamas et Israël pourra rapidement être une réalité et que les libérations d'otages et de détenus des deux côtés permettront un cessez-le-feu plus long. "Dix mille morts de plus à Gaza ne peuvent être la solution."
Un Belge interpellé en Cisjordanie par les autorités israélienne
Un Belge a été interpellé mercredi soir en Cisjordanie par les autorités israéliennes, a indiqué jeudi le SPF Affaires étrangères, ne donnant pas plus de détails sur cette interpellation puisqu'il s'agit d'un dossier individuel.
L'ambassade belge à Tel Aviv "suit l'affaire de près et en contact étroit avec les autorités israéliennes", a précisé un porte-parole des Affaires étrangères. Selon Het Laatste Nieuws, qui cite le quotidien israélien de droite HaKol HaYehudi, il s'agit d'un "activiste de gauche disposant d'un visa touristique pour Israël qui serait venu travailler dans des oliveraies.
Le suspect aurait pris part à des activités du Hamas, comme des manifestations et des émeutes."
Le Belge serait également membre du mouvement international de solidarité avec la Palestine (International Solidarity Movement - ISM), selon HaKol HaYehudi. L'association rapporte sur son site internet qu'un Belgo-Britannique a été appréhendé et est actuellement retenu dans un commissariat de police. ISM le décrit comme un militant des droits d'e l'Homme, présent au moment où les troupes israéliennes étaient en train de réduire un logement en poussière à l'aide d'un bulldozer, à Sha'ab Al-Butum, dans la région de Yatta.

