Les pluies incessantes depuis quelques semaines et les inondations ont rendu une partie des champs impraticables dans la région du Westhoek, en Flandre occidentale. Les récoltes de légumes n’ont donc pas encore pu se faire en temps normal, ce qui influence les livraisons à l’industrie maraîchère. Normalement, les agriculteurs s’activent au mois de novembre pour faire la récolte des légumes, mais ils ne parviennent actuellement pas à rouler dans les champs : leurs machines s’enfoncent dans une boue liquide. Les carottes, poireaux et céleris-raves risquent de pourrir dans la terre.
Dans le Westhoek où les champs sont détrempés, la récolte des légumes est menacée
Les agriculteurs du Westhoek concernés doivent donc souvent choisir : soit ils laissent leurs légumes en terre et ceux-ci risquent de pourrir, soit ils tentent de les sauver partiellement en se rendant sur leurs terres mais ils risquent alors d’endommager les légumes et leurs machines dans la boue.
Le producteur de poireaux Andy Devos affirme n’avoir encore jamais vécu d’automne aussi arrosé avec autant de difficultés pour faire la récolte de ses légumes. "On pourrait évidemment penser que nous pouvons encore attendre avant de récolter. Mais entretemps notre récolte sera détruite".
Même situation pour le producteur de carottes Jeroen Dejonckheere. "Le haut des carottes pourrit parce que l’eau est montée trop haut. Cela représente entre 5.000 et 6.000 euros de perte financière par hectare. Et même si nous parvenions encore à récolter, cela irait plus lentement et nous coûterait davantage".
L’industrie maraîchère s’en ressent. On y transforme moins de carottes que d’habitude, et ce sont avant tout des légumes venus de l’étranger qui rentrent. "Au lieu de travailler 24h/24, c’est retombé à une moyenne de 15 heures par jour. Et puis il faut nettoyer les machines, ce qui fait des coûts supplémentaires. Cela nous fait des coûts de production plus élevés", précisait Bernard Haspeslagh de l’entreprise de surgelés Ardo à VRT NWS.
"Beaucoup dépendra de la météo des prochaines semaines, mais nous estimons que jusqu’à 30% de la récolte seront perdus, s’il continue à pleuvoir un ou deux mois, ou davantage". Il est encore trop tôt pour dire si le consommateur verra les prix monter en magasin. D’autres facteurs entrent en effet en ligne de compte.
En outre, les années avec de moins bonnes récoltes se succèdent plus rapidement. "C’est malheureusement la énième année d’affilée que nous sentons l’impact des changements climatiques. Les huit dernières années ont été mauvaises. L’influence du climat se réitère d’année en année, et chaque année confirme que les schémas climatiques deviennent de plus en plus extrêmes", concluait Bernard Haspeslagh.


