Le nouvel accord du gouvernement flamand sur les émissions d'azote est taillé pour le géant britannique de la chimie Ineos et son projet de craqueur d'éthane dans le port d'Anvers, a indiqué mardi Groen, dans une première réaction.
Pour Groen, le nouvel accord sur l’azote "sert Ineos, mais sacrifie la nature"
L'accord de cette nuit doit encore être dévoilé dans les détails, "mais sur base de ce qui est déjà connu, le gouvernement pousse la nature à se détériorer", affirment le co-président des écologistes flamands, Jeremie Vaneeckhout, et la cheffe de groupe au parlement flamand, Mieke Schauvliege.
Pour Groen, il y a même de fortes chances que la Cour constitutionnelle annule l'accord. Le mandat du gouvernement était de sécuriser la nature, de donner aux agriculteurs une perspective à long terme, et de garantir un cadre juridique, mais ce n'est pas le cas, selon Groen.
Pour les écologistes flamands, c'est surtout le permis d'Ineos qui est garanti, du moins jusqu'à une nouvelle annulation, mais le gouvernement flamand ne se soucie pas du fait que la nature et les agriculteurs en paient à nouveau le prix.
Pour Vooruit, l'accord prévoit des mesures de réduction "laxistes" pour les grandes exploitations de bétail, en échange d'importants investissements. Le député flamand Bruno Tobback considère que l'accord mise sur les purificateurs d'air, une mauvaise solution à ses yeux. "On sait depuis longtemps que leur contrôle fait défaut et qu'ils ne sont souvent qu'une décoration (coûteuse) sur une grange." Il pointe lui aussi la faible sécurité juridique du texte, une "épée de Damoclès pour l'industrie et l'agriculture".
Quant au Vlaams Belang, il voit dans ce projet une menace pour l'agriculture. Il deviendrait quasiment impossible pour les exploitations agricoles de recevoir un permis.
Le Boerenbond se montre prudent
Le principal syndicat agricole flamand, le Boerenbond, se montre prudent après l'annonce d'un accord au sein du gouvernement du nord du pays dans le dossier azote. "Tant qu'il n'y a pas de texte, c'est difficile de commenter des décisions politiques", relève le président Lode Ceyssens. "Mais il est déjà clair que la tâche du secteur agricole sera grande." "Nous étudierons avec minutie les textes et leur traduction en décret", indique-t-il.
Selon la fédération, les émissions d'ammoniac du secteur ont baissé de moitié depuis 1990 grâce aux efforts des agriculteurs.
Le Boerenbond voit tout de même plusieurs évolutions positives dans les premiers éléments de l'accord, comme la suppression du "seuil d'inadmissibilité" et de l'obligation de fermeture pour les établissements les plus émetteurs.
