La femme de 54 ans qui a été tuée à l'arme blanche avec son fils de 22 ans à Denderhoutem, en Flandre orientale, avait déposé une plainte vendredi matin pour harcèlement contre son mari. Ce dernier a été longuement interrogé et a reçu l'injonction de ne pas avoir de contact mais a été laissé libre, indique le parquet de Flandre orientale, qui n'avait "aucune indication qu'il aurait pu commettre de tels actes". Selon l'avocat de l'ex-mari de la victime, la police avait pourtaint informé le parquet d'une "situation très alarmante".
Double homicide à Denderhoutem : le parquet aurait-il pu éviter ce drame ?
Les corps sans vie d'une mère de famille de 54 ans et de son fils de 22 ans ont été retrouvés dans une habitation samedi à Denderhoutem, en Flandre orientale. Le parquet a ouvert une enquête et s'est rendu sur place avec un médecin légiste, le laboratoire et une équipe de la police judiciaire fédérale.
Le suspect, âgé de 51 ans, est le mari de la victime et le beau-père du fils de celle-ci. Il est recherché. L'homme a probablement commis un acte de désespoir. Sa voiture a été retrouvée à proximité de la Dendre à Alost et des témoins ont vu une personne sauter dans l'eau samedi soir. Plusieurs opérations de recherche ont été effectuées.
"Une situation très alarmante"
L'avocat Anthony Mallego représente désormais l'ex-mari de la femme assassinée, le père du fils assassiné. Mais c'est la victime elle-même qui l'avait contacté vendredi. Ce matin-là, elle avait porté plainte contre son conjoint pour harcèlement. "Elle devait normalement se rendre à mon bureau dans les jours suivants. Les plaques d'immatriculation ayant été retirées de sa voiture par l'auteur des faits, elle n'a pas pu le faire dans l'immédiat", explique-t-il.
L'homme a été arrêté et interrogé. Il a reçu l'injonction de ne pas avoir de contact avec la victime mais a été remis en liberté. Selon le parquet rien n'indiquait que l'homme allait commettre de tels actes.
L'avocat remet fortement en question cette façon de procéder. "Nous avons reçu d'autres informations, selon lesquelles il s'agissait certainement d'une situation très alarmante et que les forces de police ont également transmis ces informations au parquet".
"Cette affaire doit faire l'objet d'une enquête"
"Mon client est extrêmement fâché qu'une décision différente ait été prise, qu'ils aient libéré l'accusé avec une simple interdiction de contact. Car il est évident que les conséquences de cette décision sont terribles.
"Cette affaire doit faire l'objet d'une enquête et nous prendrons les mesures nécessaires à cet effet", ajoute-t-il. Anthony Mallego parle ensuite de la communication entre les forces de police et le parquet et de la manière dont ils sont parvenus à cette décision. "Le parquet dit qu'il n'y avait pas d'indications d'un renvoi préliminaire devant le juge d'instruction. Nos informations montrent que cela aurait dû être le cas".
L'avocat conclut en lançant un appel. "Il s'agit d'une situation très courante. Les plaintes pour violences intrafamiliales sont nombreuses et doivent toutes être prises au sérieux, mais cela demande beaucoup de ressources et de temps. Beaucoup d'énergie est consacrée à d'autres affaires pénales, les grandes affaires de drogue par exemple, mais cela coûte des vies".
Le suspect n'avait pas fait l'objet d'une condamnation antérieure pour violence
Le suspect du double homicide à Denderhoutem n'avait jamais été condamné pour violence et la victime n'avait jamais porté plainte. C'est ce que répond le parquet de Flandre orientale aux questions de l'ex-mari et père des victimes à propos l'enquête. "La décision finale d'imposer notamment une ordonnance restrictive de contact et de le laisser libre a été prise en concertation avec la police et après une analyse approfondie des rapports officiels soumis au parquet", précise l'instance judiciaire.
La femme avait déposé une plainte vendredi matin pour harcèlement contre son mari. Leur relation a duré 18 ans mais après une rupture, il y a eu harcèlement, sans qu'il soit question toutefois d'agression physique.
Le suspect avait été interpellé et longuement interrogé. Le parquet avait imposé une ordonnance restrictive de contact et l'homme avait été libéré. Le parquet a déclaré qu'il n'avait aucune indication qu'il aurait pu commettre de tels actes. L'homme a indiqué qu'il voyait que la relation touchait à sa fin et qu'il voulait quitter la maison, a encore précisé le parquet dimanche.
Toute personne ayant des idées suicidaires peut contacter la ligne d'écoute du Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123 (elle est anonyme, gratuite et disponible 24h/24). Plus d'infos sur www.preventionsuicide.be.

