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Les grands réacteurs de la centrale de Doel

D’ici 2040, la Belgique veut construire de petits réacteurs nucléaires "plus sûrs et qui produisent moins de déchets"

La Belgique entrera avec les Etats-Unis, l’Italie et la Roumanie dans un consortium international constitué pour développer les "SMR" (Small Modular Reactors - des petits réacteurs modulaires). C’est ce qu’a annoncé mercredi le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo, après la signature à Bruxelles d'une déclaration d'intention en présence du président roumain, Klaus Iohannis.

Anne François Belga
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Le gouvernement fédéral a décidé l'an dernier d'investir 100 millions d'euros dans la recherche et le développement de cette technologie nucléaire, considérée comme plus sûre et moins productrice de déchets. Même si le sujet demeure controversé au sein de la majorité Vivaldi, les SMR devraient faire partie du mix énergétique futur de la Belgique.

"Dans notre pays, nous avons avant tout construit de grands réacteurs. Au cours des années, ils sont devenus toujours plus grands, pour maintenir une économie à grande échelle. Nous voulons maintenant construire plusieurs petits réacteurs nucléaires, dont nous pourrons à terme fabriquer nous-mêmes les pièces détachées. Cela peut représenter un avantage économique", indiquait le directeur-général du Centre d’études nucléaires SCK CEN à Mol (province anversoise), Peter Baeten, au micro de l’émission "De wereld vandaag" (Radio 1).

Le centre d'études nucléaires SCK CEN

Moins de déchets et plus sûrs

La recherche est menée en Belgique par le SCK-CEN de Mol qui se joindra à quatre partenaires internationaux pour accélérer le développement industriel des SMR: RATEN (Roumanie), ENEA et Ansaldo Nucleare (Italie) et Westinghouse (Etats-Unis). La construction d'un réacteur à petite échelle à Mol (province d'Anvers) est prévue autour de 2035-40.

En attendant, la prochaine phase de développement sera la construction d'un prototype industriel de réacteur ALFRED à Pitesti, en Roumanie.

"Nous avons reçu du gouvernement la mission spécifique de chercher une technologie qui réduise autant que possible les déchets hautement radioactifs et qui fasse un meilleur usage de matières premières, comme l’uranium", poursuivait Peter Baeten. "C’est pourquoi nous n’avons pas opté, sciemment, pour la technologie de refroidissement par eau avec laquelle les centrales nucléaires fonctionnent aujourd’hui, mais pour la technologie de refroidissement du plomb. Elle permet aux petits réacteurs nucléaires modulaires d’être intéressants du point de vue économique et écologique", précisait le directeur-général du Centre d’études nucléaires SCK CEN.

Cette technologie permettra de rendre les petits réacteurs plus sûrs. "Si un réacteur s’arrête, il reste toujours de la chaleur qui doit être éliminée. A l’heure actuelle, cela se fait avec des pompes. Mais celles-ci ont besoin d’électricité, qui provient des générateurs au diesel ou du réseau", ce qui peut engendrer un risque pour la sécurité. "Le fait que la nouvelle technologie nous permette d’éliminer la chaleur sur base de la circulation naturelle, est plus sûr. L’eau chaude monte tandis que l’eau froide descend, sans l’aide d’une pompe. Dans ce cas, la sécurité repose sur des principes naturels, qui ne peuvent pas flancher. Nous qualifions cela de sécurité passive”.

La centrale nucléaire de Tihange (en province de Liège)

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