Cette exposition originale s’inscrit dans le cadre du programme "Année de l’Art Nouveau" à Bruxelles et est présentée jusqu’au 14 janvier 2024 au Palais des Beaux-Arts (Bozar) de la capitale, l’une des œuvres maîtresses de l’architecte Victor Horta (né à Gand en 1861 et décédé à Bruxelles en 1947), érigée en 1929. En collaboration avec le Musée Horta, elle propose de découvrir sur un espace de neuf salles (consacrées à autant de créations iconiques du maître) les bases et l’essence de l’architecture novatrice de Horta, mais aussi le contexte social et économique dans lequel cet architecte belge des plus influents a évolué. L'exposition "Victor Horta et la grammaire de l'Art Nouveau" réserve aussi une surprise aux visiteurs : une maquette réalisée sur base des plans récemment redécouverts d’un pavillon que Horta avait projeté de construire pour l’Exposition universelle de Paris en 1900.
Installée dans la galerie du premier étage du Bozar - un espace conçu par Victor Horta pour des présentations de photographies -, l’exposition fait dialoguer passé et présent, notamment avec des photos de Maxime Delvaux, qui jette un regard contemporain sur les créations de Horta. Ses clichés répondent aux archives, plans, modèles en plâtre, nuancier de pierres de granit et autres objets exposés, parfois inédits, de l'architecte belge.
L’exposition traverse neuf salles qui décrivent divers aspects de la grammaire de l’Art Nouveau de Horta, née entre 1893 et 1903. Chaque salle s'articule autour d'un thème, porté par un verbe et un édifice du maître gantois. Le circuit débute ainsi avec l'Hôtel Tassel (1893) et les références architecturales qui ont servi à Horta pour "inventer" l'Art Nouveau.
Il chemine ensuite entre l'atelier de l'architecte situé rue Américaine ("concevoir"), la Maison Vinck où les idées de Horta "rencontrèrent" les exigences des nombreux commanditaires pour aboutir à une maison-portrait, puis l'Hôtel Aubecq (photo) "construit" en 1900 (mais démoli 50 ans plus tard).
La mezzanine dédiée aux magasins Waucquez "ouvre" ensuite l'espace à la lumière naturelle qui occupe une place essentielle dans les créations de Horta, et dévoile également le jeu d’ambiguïté entre l’intérieur et l’extérieur auquel s'adonna l'artiste, en dessinant par exemple des lampadaires dans ses couloirs et des jardins d'hiver dans ses maisons.
La visite se poursuit avec un panorama de la Maison du peuple (photo), présentée sous toutes ses coutures et mise à nu lors de sa démolition en 1965. "Contre toute attente, c'est sa destruction qui a permis aux architectes de comprendre comment l'édifice tenait debout", expliquait le commissaire de l'exposition et conservateur du Musée Horta, Benjamin Zurstrassen. C'est d'ailleurs grâce à Ernest Solvay, qui se porta garant du prêt contracté par le Parti ouvrier belge pour édifier la Maison du peuple, que le projet "prospéra". Tout comme le carnet de commandes de Victor Horta.
La huitième salle d’exposition explore le contexte social et économique dans lequel l’œuvre de Victor Horta a vu le jour : la richesse exceptionnelle du jeune capitalisme industriel belge, dont l’hôtel Solvay (photo) est un exemple. L’exposition entend aussi susciter le débat, avec l'hôtel particulier d'Edmond Van Eetvelde, administrateur du Congo sous Léopold II.
Le visiteur y découvrira d’ailleurs une première : sur base de plans récemment redécouverts, une maquette a été réalisée tout spécialement pour l’exposition. Elle représente un Pavillon du Congo (photo) que Horta projetait de réaliser pour l’Exposition universelle de Paris en 1900. Un projet qui n’a finalement pas abouti.
L'exposition se termine sur la postérité internationale de l'architecte belge, qui "inspira" notamment l'artisan des entrées du métro parisien Hector Guimard. Le film "Vivre la maison Horta" de Marie-Ange Guillemot a été inauguré mi-octobre en même temps que l’exposition et est à voir dans les salles.
L'exposition trilingue français-néerlandais-anglais "Victor Horta et la grammaire de l'Art Nouveau" - conçue par Benjamin Zurstrassen, conservateur du Musée Horta, et Iwan Strauven, professeur d’histoire de l’architecture attaché à l’Université Libre de Bruxelles - propose par ailleurs aux plus jeunes de s'emparer du dépliant "Monsieur Artono" pour découvrir et s'approprier "la grammaire" de Victor Horta.
Elle complète également parfaitement l’exposition "Victor Horta versus Art Nouveau. Horta’s Vocabulary” qui est présentée depuis le mois de mars et jusqu’au 7 janvier au Musée Horta.
Un nouvel ouvrage lié à l’exposition
Réalisé sous la direction d’Iwan Straussen et Benjamin Zurstrassen, les commissaires de l’exposition au Bozar, l’ouvrage "Horta and the Grammar of Art Nouveau" propose un aperçu innovant de l’approche architecturale de Victor Horta, dont les créations nées entre 1893 et 1905 ont été déterminantes pour le développement de l’architecture Art Nouveau. Cet ouvrage présente l'œuvre, le contexte et la boîte à outils du plus célèbre des architectes belges dans une perspective nouvelle, dégageant ce qui reste essentiel à l’Art Nouveau de Horta, en dehors de son style et de son vocabulaire typiquement végétal.
Des experts internationaux jettent un éclairage neuf sur les sources architecturales d'Horta, la manière dont il a conçu ses projets et son usage novateur de la structure et la lumière. Le livre évoque également la réception d’Horta dans l’historiographie du Mouvement moderne et la relation entre son œuvre et l’entreprise coloniale du Roi Léopold II.
Les nombreuses sources archivistiques de cette publication sont complétées par une série de photos réalisées par le photographe d’architecture Maxime Delvaux. Le livre est en anglais, avec une traduction en français et néerlandais des différents essais.


