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La Belgique rate à nouveau l'échéance européenne pour la remise de son plan climat

Les différents ministres en charge de la politique climatique en Belgique ne parviennent toujours pas à s’entendre sur un plan climat national à présenter aux autorités européennes. Comme le 30 juin dernier, notre pays n'a donc pas pu remettre de plan climat à l'Europe dans les délais impartis. C’est ce que déplore ce vendredi la Coalition Climat. Celle-ci appelle le gouvernement flamand à adopter rapidement un plan qui réponde pleinement aux objectifs européens. Le gouvernement Jambon veut encore toujours imposer une réduction moins sévère des gaz à effet de serre que celle que Bruxelles, la Wallonie et le gouvernement fédéral sont prêts à adopter.

Anne François Belga
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Les Etats membres de l'Union européenne devaient présenter une version actualisée de leur plan climat pour la période comprise entre 2021 et 2030, reprenant notamment une stratégie visant à réduire les émissions de CO2. L'Europe tablait sur un recul de 55%, alors que la Belgique souhaitait s'engager pour 47%. La Flandre, cependant, n'entend pas aller plus loin que 40%.

La Belgique avait reçu une prolongation jusqu'au 3 novembre pour remettre son plan à la Commission européenne, mais une réunion entre cabinets des ministres compétents la semaine dernière n'a rien donné. "Le manque d'ambition actuel du gouvernement flamand est néfaste tant pour le portefeuille des ménages que pour le climat. L'ensemble des citoyens belges, y compris flamands, paieront doublement la facture liée à ce blocage. D'une part, en l’absence de mesures pour diminuer la dépendance aux énergies fossiles, les factures vont rester plus élevées. D'autre part, les émissions excédentaires vont devoir être payées en achetant des crédits carbones aux pays qui font mieux que nous", regrette la Coalition Climat. Celle-ci organisera une Marche Climat dimanche 3 décembre à Bruxelles.

Le coût du rachat des émissions excédentaires pourraient rapidement monter à plus d’un milliard d’euros, selon le prix d’une tonne de CO2 en 2030.

Demir : "2030 c’est après-demain, ce n’est pas réalisable"

La ministre flamande de l'Energie Zuhal Demir (photo) déclarait ce vendredi dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT) qu'actuellement à peine six Etats membres répondaient aux objectifs. Elle se demande si l'Europe va bel et bien infliger des sanctions en 2030 et estime que la Belgique devrait tout de même présenter la mouture actuelle du plan. "Déposons ce que nous avons et entamons des discussions avec l'Europe. Nous verrons bien ce qu'elle dira, mais ne laissons pas encore traîner toute cette histoire pendant des mois."

Demir estime en outre que "2030 c’est après-demain. Nous ne parviendrons pas d’ici là à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 47%. Nous le disons depuis trois ans en Flandre. Pourquoi toujours faire des promesses dont on sait depuis le début qu’on ne pourra les tenir ? Regardez ce qui se passe avec le dossier azote. La Flandre investit énormément dans l’économie d’énergie. Elle a toute une série de mesures pour mieux isoler les habitations, et il y a une obligation de placer des panneaux solaires pour les gros consommateurs d’énergie".

Le ministre bruxellois du Climat, Alain Maron, refuse de remettre le plan climat belge dans son état actuel à l’Europe. Il est pour l’instant président de la Conférence nationale climat. Maron "rappelle que l’accord de Paris doit être respecté si nous voulons conserver une qualité de vie acceptable sur Terre", indiquait son porte-parole. Il soulignait aussi que nos pays voisins ont reçu des objectifs plus stricts encore. Les Pays-Bas devront ainsi réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 48% d’ici 2030 et l’Allemagne de 50%.

Zuhal Demir (photo archives)

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