Aller au contenu principal

L'autopsie de l'orque échouée à La Panne n'a pas pu livrer la cause précise de la mort

L'orque qui s'est échouée dimanche sur la plage de La Panne a été autopsiée lundi, sans que les résultats ne puissent pourtant déterminer la cause exacte de la mort du cétacé. "Certaines traces laissent penser que son système lymphatique était défectueux mais des analyses complémentaires doivent être effectuées", a indiqué Kelle Moreau, de l'Institut royal belge des sciences naturelles (IRSNB).

Eric Steffens Belga
Publié:

Savoir ce qui a provoqué la mort d'un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire "est toujours intéressant", a commenté lundi Kelle Moreau de l'Institut royal belge des sciences naturelles (IRSNB), alors que l'autopsie de l'orque mâle échouée dimanche sur la plage de La Panne n'a pas permis de lever le voile sur les circonstances du décès de l'animal. "La cause de la mort peut constituer un indicateur de la santé de tout l'écosystème" marin.

Le cétacé a été remarqué dimanche au large de la Côte belge tandis qu'il se dirigeait vers le sud en direction de la France. L'orque, manifestement affaiblie, s'est finalement échouée quelques heures plus tard sur une plage de La Panne et est décédée peu après. L'individu avait été aperçu deux jours plus tôt au large de Wimereux, dans le nord de la France, est-il également apparu. L'autopsie a permis de déterminer que le mammifère n'avait rien mangé au cours des derniers jours et a exclu une éventuelle collision. Les organes principaux n'ont montré aucune anomalie. Son estomac ne contenait pas de plastique.

Système lymphatique défectueux ?

Les scientifiques ont par contre remarqué des traces laissant penser que le système lymphatique de l'orque était défectueux et doivent encore mener plusieurs analyses, notamment toxicologiques, en laboratoire. "La mer est polluée", a rappelé Kelle Moreau. "On y retrouve des métaux lourds, comme du mercure. Ceux-ci peuvent se transmettre au fil de la chaîne alimentaire: un petit poisson renfermera des quantités minimes, mais les substances toxiques s'amoncellent chez un super prédateur comme une orque, qui ingurgite quotidiennement d'énormes quantités de poisson."

"Un animal affamé et affaibli, comme celui qui s'est échoué dimanche, doit puiser dans ses réserves de graisse et c'est précisément là que sont stockés les métaux lourds et autres substances toxiques. Ces matières se retrouvent alors à nouveau dans le sang", ce qui peut être fatal.

Son origine reste aussi à déterminer

L'origine de l'orque échouée reste, elle aussi, à déterminer. "Aux abords de la Côte belge, on retrouve des populations d'orques venant d'Espagne, d'Écosse et de Norvège. Les orques du nord se nourrissent plutôt de phoques et sont légèrement plus grandes que les groupes du sud, qui mangent du poisson et des animaux plus petits. Les dents et la taille du spécimen échoué à La Panne indiquent qu'il s'agit d'un individu vivant dans les eaux australes. Des analyses doivent toutefois encore confirmer ces premiers éléments", a conclu Kelle Moreau.

Outre l'Université de Gand, les communes de La Panne et Coxyde se sont portées volontaires pour récupérer le squelette du cétacé. "La loi stipule que l'État belge en est le propriétaire mais le squelette peut néanmoins être prêté. Nous espérons que les candidates pourront s'entendre."  

REGARDER

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5