Le ministre flamand des Affaires intérieures Bart Somers (Open VLD) a envoyé ce lundi une circulaire à toutes les communes flamandes leur demandant de convoquer leurs cellules locales de sécurité intégrale. Au sein de cet organe consultatif, elles doivent examiner la manière dont elles gèrent les conséquences possibles du conflit israélo-palestinien et la manière dont la violence peut être évitée. Il a donné l’information dimanche sur "VTM News".
Guerre Israël-Gaza : le ministre Bart Somers demande aux communes flamandes de convoquer des cellules locales de sécurité
Un nouveau rapport de l'OCAM, l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace, est joint à la circulaire. Le responsable de l'OCAM a confirmé samedi, lors d'une interview à l'émission "De ochtend" sur Radio 1, que le niveau de menace 3 sera probablement maintenu dans notre pays pendant un certain temps. Cela signifie que la menace reste "grave".
"La guerre à Gaza crée un "événement déclencheur émotionnel", un événement qui a un impact émotionnel important sur la population, chez nous et dans le monde entier", a expliqué Gert Vercauteren, le directeur général de l'OCAM.
"Dans ce climat, il y a naturellement un risque élevé que certaines personnes expriment leur colère ou leurs frustrations de manière violente. Nous constatons d'ailleurs déjà une augmentation du nombre de rapports de menaces".
Ces cellules doivent détecter à un stade précoce les personnes en voie de radicalisation.
Le ministre Bart Somers demande donc aux communes flamandes de mettre en place des cellules locales de sécurité intégrale (lokale integrale veiligheidscel - LIVC). Ces LIVC sont une plate-forme de consultation multidisciplinaire dans la lutte contre la radicalisation violente. Elles détectent à un stade précoce les personnes en voie de radicalisation et élaborent pour elles des itinéraires de suivi individualisés.
Capter à temps les signaux des personnes à risque
"Nous avons créé cet instrument, ce LIVC, au lendemain de la crise de l'Etat Islamique", explique Bart Somers dans l’émission "De ochtend". "Sur la base de cas concrets, les gens discutent au sein de cet organe de consultation de la manière de les traiter de manière préventive et lorsque la prévention ne fonctionne plus, lorsqu'il y a un réel danger, cela devient une affaire de police et de répression. Cet instrument fonctionne très bien et existe dans 89 % de nos communes.
"Et je leur ai demandé de se réunir sur base d'un nouveau rapport de l'OCAM qui explique la situation sur le terrain. Dans toutes ces communes, il est important d’analyser les signaux reçus de la part des personnes en colère. Et comment nous pouvons faire en sorte que cette colère ne dégénère pas en violence". Bart Somers souligne que c'est la raison pour laquelle, même dans les petites communes où les conflits ne sont pas ou moins importants, il est toujours intéressant de se réunir, afin d'attaquer les problèmes à un stade précoce.
Qu'est-ce que l'OCAM ? L'OCAM est l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace. Elle évalue la mesure dans laquelle notre pays est menacé par des individus ou des groupes. Cela va du terrorisme à l'extrémisme et à la radicalisation problématique. Sur la base des analyses, il existe également un niveau de menace. Actuellement, pour l'ensemble du pays, il se situe au niveau 3 ou "grave", sur une échelle de 4.
Qu'est-ce que la liste OCAM ? La liste OCAM est une base de données contenant des noms et des informations sur des individus ou des groupes potentiellement dangereux dans notre pays et qui font l'objet d'une surveillance. Cette liste a été créée en 2016 après les attentats de Zaventem et de Maelbeek. Elle comprend des combattants syriens, mais aussi des combattants terroristes étrangers et des personnes qui participent à des actes de terrorisme dans leur pays.
Contre la polarisation
Le ministre a souligné qu'une offre de soutien très complète est également proposée aux communes et qu'une grande expertise a été développée depuis lors par rapport à il y a 10 ans. "Il existe des experts spécialisés auxquels on peut faire appel lorsqu'on pense en avoir besoin. Nous avons le projet wij-zij qui existe autour de Kazerne Dossin, qui offre une gamme de services pour contrer la polarisation. Mais nous avons aussi des personnes spécialisées dans les médias sociaux, le soutien psychologique, la prise en charge des jeunes radicalisés.
Le projet wij-zij est né de la volonté de créer un réseau et un pôle d’échange autour de la polarisation. Nous ressentons en effet fortement un besoin et une demande grandissants d’une réponse durable aux problèmes de polarisation, aux controverses et aux conflits. Wij-zij cherche à diffuser des outils et des stratégies pouvant offrir un repère professionnel.
Le réseau est porté par Kazerne Dossin, l’Institut flamand pour la Paix, l’Union des villes et des communes flamandes, l’université de Gand, l’Athénée royal d’Anvers, le Comité spécial pour l’Éducation à la Mémoire (BCH), Democratische Dialoog, le Fonds Aurore Ruyffelaere, la Police intégrée, l’Institut Hannah Arendt, la Ville de Malines et l’Enseignement Catholique de Flandre.
Entamer des conversations avec ceux qui sont frustrés par des schémas de pensée erronés.
Le ministre Somers comprend parfaitement que de nombreuses personnes se sentent émotionnellement très impliquées dans le conflit israélo-palestinien. "Les actions de protestation me semblent légitimes en elles-mêmes, mais ceux qui, à partir de cette frustration, entraînés par les réseaux sociaux, entrent dans des schémas de pensée erronés, nous devons être en mesure d'entamer la conversation avec eux à un stade précoce.
