Flying Bark, le studio d'animation australien de la société flamande Studio 100, à l'intention de doubler son chiffre d'affaires dans les prochaines années. Le patron de Studio 100, Hans Bourlon, en a fait part mardi lors d'un entretien avec Belga mardi à Sydney, en marge de la mission économique belge en Australie. Pour atteindre cet objectif, il est question de se tourner vers la vente de séries d'animation à des plateformes de diffusion en continu (streaming), où le potentiel est conséquent.
La filiale australienne de Studio 100 ambitionne de doubler son chiffre d'affaires
L'entreprise Flying Bark à Sydney existe déjà depuis 1968 et est passée en 2006 dans les mains du groupe allemand EM Entertainment, qui, à son tour, a été repris par Studio 100. Initialement, Flying Bark n'opérait que comme société de production de son propre contenu, mais au cours des dernières années la firme propose de plus en plus des services d'animation pour d'autres entreprises ("work services"). Les personnages issus de ces travaux n'appartiennent donc pas officiellement à Studio 100, et ne peuvent donc pas se joindre aux autres dans les parcs à thèmes de Plopsa.
En se concentrant sur ce travail de service, Flying Bark se voit confier de plus en plus de missions de la part des grandes plateformes de streaming. Il y a quelques mois, il a été annoncé que la filiale de Studio 100 pouvait créer une spin-off de la série populaire sur Netflix 'Stranger Things' de même qu'une série d'animation découlant du film 'Avatar' pour Paramount. D'autres "grands projets" sont aussi à venir.
"Parce qu'il travaille de manière indépendante, Flying Bark réalise des film d’animation pour plusieurs acteurs"
M. Bourlon explique qu'il y a en ce moment une compétition féroce entre les plateformes de streaming pour obtenir des séries d'animation. "Les enfants sont souvent le facteur décisif dans le choix de plateformes, car tout le monde ne peut pas s'abonner à quatre ou cinq services de diffusion en continu", ajoute-t-il. En outre, un concurrent local important, Animal Logic, a récemment été mis hors course après avoir été racheté par Disney, selon M. Bourlon. Comme Flying Bark travaille de manière tout à fait indépendante, le studio peut vendre ses services à plusieurs acteurs.
M. Bourlon est donc convaincu que le chiffre d'affaires de sa filiale pourrait donc doubler d'ici 2025 car "nous sommes en pole position". Flying Bark génère un chiffre d'affaires annuel d'environ 35 millions d'euros, mais d'ici 2025 celui-ci pourrait avoisiner les 65 millions d'euros, suggère le patron belge. Quant à Barbara Stephen, la CEO de Flying Bark, elle estime qu'il est important à ce titre de produire des séries à plusieurs saisons pour les services de streaming, mais aussi de créer du contenu propre. La société compte 400 employés, mais entend en engager 150 supplémentaires. Elle a de plus récemment ouvert un deuxième studio d'animation à Los Angeles (USA) qui emploie une cinquantaine de personnes.
Lors de la seconde journée de la mission économique belge en Australie, la princesse Astrid a visité les studios de Flying Bark, accompagnée par la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib (MR), le ministre flamand des Finances Matthias Diependaele (N-VA), le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) et le ministre wallon de l'Economie Willy Borsus (MR). Lors de sa visite des locaux, une dessinatrice du studio a offert à la princesse son portrait en image d'animation avec le pont surplombant la baie de Sydney en arrière-plan.

