Le responsable d'une organisation de trafic d'êtres humains a été condamné ce mercredi par le tribunal correctionnel de Bruges (Flandre occidentale) à onze ans de prison et 80.000 euros d’amende. La bande kurde faisait passer des migrants sur des bateaux vétustes (canots pneumatiques) depuis la France vers le Royaume-Uni et réalisaient ainsi de gros profits. Le tribunal a condamné 19 autres prévenus à des peines allant de trente mois à dix ans de prison. Un autre a été acquitté.
Des passeurs lourdement condamnés à Bruges pour trafic d'êtres humains vers l'Angleterre
Depuis fin 2019, des véhicules remplis de petites embarcations, de moteurs de hors-bord et de gilets de sauvetage de mauvaise qualité ont été découverts en Flandre occidentale. C'est principalement à la Côte que plusieurs complices de bandes de passeurs ont été interpellés. Il s'est avéré que les véhicules étaient généralement en route depuis l'Allemagne vers le nord de la France.
La police judiciaire fédérale (PJF) de Flandre occidentale a progressivement pu identifier une importante organisation de trafic d'êtres humains. Un Iranien d'origine kurde de 30 ans a été interpellé début mai 2022 alors qu'il travaillait dans l'est de Londres. Par la suite, 18 suspects ont été appréhendés en Allemagne le 5 juillet 2022. Lors de perquisitions menées dans 36 lieux, la police a découvert 119 bateaux, 33 motos et 967 gilets de sauvetages.
Le ministère public avait requis 13 ans de prison et une amende de 120.000 euros à l'encontre de l’Iranien d’origine kurde et d’un Irakien de 45 ans, considéré comme le comptable de la bande. Ils ont respectivement été condamnés à 11 et 10 ans de prison.
Deux autres leaders de l'organisation criminelle, âgés de 41 et 37 ans, ont respectivement été condamnés à sept et six ans de prison. Un total de 303.000 euros a par ailleurs été confisqué. Plusieurs prévenus avaient demandé leur acquittement, mais un seul a été définitivement acquitté.
Le Centre fédéral de migration Myria s’était constitué partie civile dans cette affaire. "Le trafic d’êtres humains avec des canots pneumatiques est devenu un commerce florissant ces dernières années", plaidait Me Luc Arnou. "Les passeurs vendaient dans le Nord de la France des forfaits bateaux prêt à l’emploi. Ils étaient les "Deliveroo du trafic d’êtres humains", avec du matériel dans un état pitoyable. Les gilets de sauvetage n’étaient pas appropriés pour la mer, et certainement pas pour les enfants. C’était l’horreur à l’état pur”.
