L'A400M transportant 92 Belges et ayants droit, ainsi que treize Européens qui voulaient quitter Israël en raison de la flambée du conflit armé avec le Hamas, a atterri dimanche à 18h27 à l'aéroport militaire de Melsbroek. "Cela a été difficile émotionnellement, mais nous sommes arrivés", racontait une Belge à VRT NWS. Les passagers rapatriés exprimaient leur soulagement d’être rentrés en Belgique, où ils affirment se sentir en sécurité. Quelque 125 Belges et ayants droit sont encore coincés à Gaza.
Un avion de la Défense a rapatrié 92 Belges et 13 Européens dimanche depuis Israël
L'avion s'était envolé samedi matin vers Larnaca (Chypre) avant de redécoller le lendemain, en début d'après-midi, à destination de Tel Aviv (Israël). Outre les 92 Belges et ayants droit, 13 citoyens de l'Union europoéenne ont également été évacués d'Israël avec l’avion de la Défense belge. "Il s'agit de ressortissants français, roumains et luxembourgeois", ont précisé les autorités.
Les Affaires étrangères ont en outre réaffirmé leur détermination "à informer et à aider au mieux nos compatriotes dans la région". "Il était important pour le gouvernement de fournir aux Belges bloqués et inscrits sur Travellers Online une offre aérienne complémentaire aux vols commerciaux afin de faciliter leur retour à la maison. La Belgique est le premier pays à avoir activé le mécanisme de solidarité européen, nous avons ainsi également ramené 13 citoyens européens à bord du vol", s'est félicitée la ministre fédérale des Affaires étrangères Hadja Lahbib.
"Mission réussie", se réjouissait la ministre Ludivine Dedonder. "Moins de 24 heures après la demande du gouvernement d'envoyer un avion, l'A400M de la Défense était déjà prêt à Chypre pour récupérer les Belges, les ayants droits et d'autres Européens à l'aéroport de Tel Aviv".
Dans un premier temps, les autorités belges avaient affirmé ne pas envisager de rapatrier des ressortissants parce qu’il y avait encore suffisamment de vols commerciaux disponibles pour quitter Israël. Mais elles avaient rapidement changé d’avis, envisageant d’abord d’organiser un vol en coopération avec la compagnie aérienne Brussels Airlines, mais estimant ensuite qu’un vol affrété par la Défense était plus sûr.
Le Hamas a entamé une vaste offensive il y a 10 jours, depuis la bande de Gaza contre Israël. Cette nouvelle étape du conflit a déjà coûté la vie à 1.400 Israéliens alors que les frappes de représailles israéliennes auraient déjà fait plus de 2.450 morts dans la bande de Gaza.
"Soulagés d’être de retour en Belgique"
Les personnes qui sont montées à bord de l’avion militaire belge à Tel Aviv étaient soulagées de pouvoir quitter le pays, témoignait sur place le journaliste Jens Franssen (VRT NWS), en reportage en Israël depuis plus d’une semaine. "Ils ne savent pas ce que leur réserve l’avenir ici, et ils avaient peur des tirs de missiles constants sur Israël menés par le Hamas depuis la bande de Gaza. "Les personnes qui ont pris l’avion de la Défense sont pour la plupart des citoyens qui ont la double nationalité, qui étaient en visite dans leur famille ou chez des amis".
"C’était très lourd émotionnellement de quitter Israël", témoignait une des Belges rapatriées à son arrivée à Melsbroek. "C’est avant tout difficile pour les personnes qui se trouvent sur place. Nous étions en sécurité, mais nous avons dû plusieurs fois nous mettre à l’abri. Nous avons parlé avec de nombreux Israéliens. La plupart d’entre eux ont perdu un proche depuis le début des attaques. C’est une situation remplie d’émotions".
"C’était une situation tendue, une nouvelle situation pour nous", témoignait un autre rapatrié à Melsbroek. "Je suis content d’être de retour sur le sol belge. Ici je me sens toujours en sécurité. C’est bon d’être de retour à la maison".
Des Belges aussi à Gaza
Il reste encore 125 Belges et ayants droit en Israël. Une vingtaine d’entre eux auraient entretemps fait savoir qu’ils souhaitent aussi quitter le pays. "Il y a 125 Belges et ayants droit à Gaza", indiquait la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib. "Actuellement, les frontières avec l’Egypte sont fermées, nous attendons de voir comment la situation évolue".
Le poste-frontière de Rafah, le seul qui ne soit pas contrôlé par Israël, devait rouvrir à 8h ce lundi (HB) pour permettre notamment à certains ressortissants ayant la double nationalité de quitter Gaza. La chaine d'information Al Arabiya parlait d'un cessez-le-feu qui devait durer cinq heures. Rafah, au sud de la bande de Gaza, est situé le long de la frontière avec l'Égypte. Il s'agit du seul check-point qui n'est pas supervisé par l'armée israélienne. Mais il était dernièrement maintenu fermé en raison de la flambée de violences entre le Hamas et Israël. La bande de Gaza, qui compte environ deux millions d'habitants, n'a de frontières qu'avec Israël et l'Égypte.



