Près de 200 voyageurs belges actuellement bloqués en Israël se verront offrir la possibilité d'être évacués vers la Belgique s'ils le souhaitent, indiquait ce jeudi après-midi le Premier ministre Alexander De Croo sur le réseau social X. Selon la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib un vol est prévu pour samedi. C’est l'une des mesures qui ont été décidées lors de la réunion de ce jeudi matin entre les représentants de la communauté juive de Belgique et plusieurs membres du gouvernement fédéral, au sixième jour de l'escalade du conflit israélo-palestinien après l'attaque terroriste du Hamas samedi. Le gouvernement promet aussi de renforcer la sécurité de la communauté juive de Belgique.
Le gouvernement fédéral organisera un vol spécial pour ramener au pays des Belges coincés en Israël
Plusieurs compagnies aériennes opèrent encore toujours des vols commerciaux depuis Tel Aviv, mais les autorités belges évaluent si des vols supplémentaires doivent être organisés dans les prochains jours en fonction des besoins. Le gouvernement fédéral est en contact avec la compagnie aérienne Brussels Airlines à ce sujet et des précisions quant à un éventuel rapatriement sont attendues d'ici le week-end. Le premier vol d'évacuation devrait avoir lieu samedi, indique la ministre des Affaires étrangères Lahbib
"Ce(s) premier(s) vol(s) concerne(nt) les personnes enregistrées sur ToL (Travellers Online), qu'il s'agisse de touristes ou de résidents qui avaient un billet retour avant les événements", précisait le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo ce jeudi après-midi. Il s'agit de 180 personnes au total, alors que quelque 13.000 ressortissants belges vivent actuellement en Israël.
À l'issue de la réunion avec des représentants de la communauté juive de Belgique (vidéo), le Premier ministre Alexander De Croo a rappelé son soutien à la population juive et aux familles touchées, qualifiant d'"intolérable" l'attaque terroriste du Hamas. "Il n'y aura, dans notre pays, aucune tolérance par rapport à l'incitation à la haine, la violence et l'apologie de la violence", a assuré Alexander De Croo aux côtés de la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden, du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne et de la Secrétaire d'État à l'Égalité des chances, Marie-Colline Leroy.
Face à la flambée de violences au Proche-Orient, la communauté juive craint une recrudescence des actes antisémites en Belgique. Depuis samedi, le niveau d'alerte a été augmenté aux abords des écoles et des lieux de culte. Un monitoring constant de la sécurité est par ailleurs effectué par l'Ocam, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace. Il n'est toutefois pas question que des militaires soient mobilisés dans la rue, comme cela avait été le cas au lendemain des attentats terroristes de mars 2016 à l’aéroport de Zaventem et dans le métro bruxellois.
La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, a par ailleurs annoncé qu'une personne de référence sera chargée au Centre de crise National de recueillir les griefs des représentants de la communauté juive en matière de sécurité. Des personnes de contact spécifiques seront également joignables au sein des zones de police locales.
Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a pour sa part confirmé que deux personnes juives avaient été prises à partie mardi soir près de la gare d’Ypres (photo), en Flandre occidentale. Les auteurs - un groupe de jeunes - ont pu être identifiés à l'aide de caméras de vidéosurveillance. Une enquête est en cours. L’un des deux juifs frappés a déposé plainte. "Cette affaire sera traitée en priorité", déclarait le ministre de la Justice.
Avant la rencontre avec les ministres fédéraux ce jeudi, Regina Sluszny, survivante de la Shoah et coprésidente du Forum des organisations juives flamandes, avait souligné que les paroles ne suffisaient pas, qu'elle attendait des actes de la part du gouvernement. Elle s'est dite satisfaite à l'issue de la concertation.
Son collègue et co-président du Forum Philippe Scharf a pour sa part exprimé son inquiétude quant à la sécurité de la communauté juive en Belgique, estimée à quelque 35.000 personnes. "Nous avons été informés que toutes les mesures nécessaires seraient prises à ce sujet".
Philippe Markewicz, président du Consistoire Central Israélite de Belgique, s'est lui aussi montré rassuré à l'issue de l'entrevue. "Le gouvernement fera ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité des Juifs en Belgique", a-t-il déclaré.



