Le chef-lieu de la province du Limbourg compte actuellement quelque 180 personnes qui n’ont pas de toit sur la tête ou pas de domicile fixe. Parmi elles, un nombre croissant de femmes et de jeunes. Pour leur offrir un soutien moral, les aider avec des problèmes de santé mentale ou une éventuelle addiction, la ville de Hasselt est à la recherche d’un psychiatre de rue. Un concept calqué sur celui des infirmiers de rue.
Jozef a 70 ans et vit depuis cinq ans dans la rue. "Par le passé j’ai déjà fait deux séjours en psychiatrie", racontait-il à Radio 2. Le senior déclare ne plus avoir confiance dans le monde médical, mais les secouristes du Café Anoniem estiment qu’il serait utile qu’un psychiatre de rue s’adresse à des sans-abri comme Jozef.
"Il y a aussi ici des personnes qui ont des psychoses que l’on n’aide plus, ou qui ne veulent plus se faire aider. Elles sont alors renvoyées d’un endroit à l’autre", expliquait Salvatore Lampariello. Une offre d’emploi a été lancée par la ville de Hasselt pour la fonction de psychiatre de rue, afin que cette personne puisse aider les sans-abri ou sans domicile fixe qui éprouveraient des problèmes de santé mentale.
"Nous avons reçu un budget pour faire travailler pendant quelques heures par semaine un psychiatre dans le cadre de l’aide aux sans-abri. Nous rencontrons beaucoup de problèmes psychiatriques et d’addiction dans la rue. De cette façon, on pourra établir un pont avec les soins psychiatriques réguliers".
Un nombre croissant de femmes et de jeunes
Timmy n’a pas de domicile fixe et loge chez d’autres personnes qui l’accueillent. "Au Café Anoniem, je vois bien qu’il y a toujours davantage de jeunes dans la vingtaine qui viennent. Ils se font parfois mettre à la porte et doivent alors vivre dans la rue", racontait Timmy. "Et pour les femmes, la situation est encore plus grave, étant donné qu’elles peuvent moins bien se protéger".
Vers 10h du matin, plusieurs personnes attendent déjà que les portes du Café Anoniem ouvrent, dans le quartier de la gare de Hasselt. Elles peuvent y boire un bol de soupe gratuit, prendre une douche ou laver leurs vêtements. Quelques jeunes et une femme sont aussi présents, et leur nombre augmente depuis l’épidémie de coronavirus.
"La guerre en Ukraine et l’épidémie de Covid-19 ont fait monter le coût de la vie", expliquait l’infirmier de rue Ivo Todts. "Les gens ne parviennent plus à assumer leurs coûts et sont alors mis à la porte de leur logement. Cela arrive aussi de plus en plus à des jeunes et des femmes".
