Le président de Vooruit, Conner Rousseau, veut tirer un trait sur ses déclarations malencontreuses envers la communauté Rom début septembre. A l'Open VLD, il y avait pas moins de 17 candidats pour une place de tête de liste. Et enfin, le mandat du président du MR, Georges-Louis Bouchez, sera finalement prolongé et ce malgré les critiques à l’intérieur-même de son parti. Une analyse d’Ivan De Vadder, journaliste politique à la VRT.
Rousseau veut tirer un trait sur l’épisode de ses déclarations sous l’effet de l’alcool
Le président de Vooruit, Conner Rousseau, est revenu une dernière fois sur l'incident le plus médiatisé de la semaine dernière. Il s'est exprimé hier dans "De zevende dag" (VRT) et sur "VTM News" pour tirer un trait une fois pour toutes sur cette affaire. L'enquête devra déterminer si les faits sont punissables. C’est le parquet qui aura le dernier mot. Le président du Vooruit a présenté des excuses publiques après avoir tenu des propos jugés racistes à l'encontre de la communauté Rom.
Une récente habitude à la rue de la Loi veut que l’on tire un trait sur un scandale dès que des excuses ont été présentées. Ainsi, l'affaire du "pipigate" s'est calmée après que le ministre de la justice Vincent Van Quickenborne ait présenté ses excuses devant la commission de la justice de la Chambre. Quant à la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib, elle a dû comparaître deux fois en commission des Relations extérieures de la Chambre au sujet de l’affaire des visas accordés à une délégation iranienne, jusqu'à ce que des excuses claires soient présentées. Disons que Conner Rousseau a présenté suffisamment d’excuses pour qu’un trait puisse être tiré sur cette affaire.
Critiques internes
Mais même si la pression médiatique est calmée, il reste les dégâts au niveau politique. Si les critiques formulées par de nombreux autres partis sont acerbes, cela ne dérange généralement pas un homme politique. Mais lorsque les tirs sont fratricides, le président n'est plus aussi intouchable qu'auparavant. Entre-temps, presque tous les membres du parti ont resserré les rangs, ce qui suffit à Rousseau pour rester en poste.
Contrairement à ce qui s'est passé dans le dossier des comportements inappropriés, où le président a pu bénéficier d’un grand soutien et a finalement été blanchi, il est aujourd'hui critiqué en interne pour ses propos. Ainsi sa collègue de parti et amie Melissa Depraetere déclare sans ambages : "Les déclarations erronées qui ont été faites ne correspondent en rien à ce que je défends".
Les Jongsocialisten de Bruxelles (Jeunes socialistes) sont pour l’instant les seuls à réclamer sa démission. Ils sont les seuls à qualifier les déclarations de Rousseau de "racisme pur et dur". Les propos tenus il y a un an par Conner Rousseau, sur Molenbeek, - où il ne se sentait pas en Belgique - n'y sont pas étrangers. Les Jeunes Socialistes de Bruxelles disent à ce sujet : "Ce n'est pas la première fois que le président s'aventure dans des déclarations désobligeantes. Là où la ligne était tracée auparavant, elle a maintenant été clairement franchie".
La section gantoise des Jeunes socialistes flamands retire sa confiance en la personne de l'actuel président. Pour celle-ci, "par ses propos et son comportement", Conner Rousseau "a franchi la limite que tout socialiste et toute personne qui se respecte doit se fixer, mais Rousseau ne semble pas impressionné par ces déclarations. Selon lui, cela ne concerne que quelques personnes, "en tout cas pas plus de 20", et il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. Mais en attendant, ces Jeunes Socialistes se tiennent à l'écart du bureau du parti, et adoptent la politique de la chaise vide.
Une stratégie ?
Reste à savoir si Conner Rousseau n'a pas, sans le vouloir, séduit de nombreux électeurs du Vlaams Belang. Mais des déclarations faites sous l’effet de l’alcool, est-ce vraiment un bon moyen de convaincre les électeurs du Vlaams Belang de voter à nouveau pour Vooruit ?
Ne serait-il pas plus fort, si c'était vraiment la stratégie de Conner Rousseau, de proclamer ce message sobrement ? "A mon avis, ceux qui pensent qu'il s'agit d'une stratégie intelligente pour ramener les électeurs du Vlaams Belang vers Vooruit se trompent. On pourrait se demander alors quelle était sa stratégie s’il en avait bien une ?", analyse Ivan De Vadder.
L'Open VLD travaille dur pour l'avenir de la Flandre
Tout autre chose dans le journal du dimanche "De Zondag": le ministre flamand de l'Intérieur Bart Somers (Open VLD) annonce que les fusions de communes flamandes deviendront obligatoires pour que ce soit viable. Selon Bart Somers, il y a actuellement 13 processus de fusion. "Si nous continuons à ce rythme", ajoute Bart Somers, "alors il nous faudra 72 ans pour transformer les 300 communes actuelles en 100 communes, ce qui est notre objectif".
Le prochain gouvernement flamand devra donc imposer des fusions, selon Bart Somers. "Oui, mais c'est aux communes elles-mêmes à choisir leurs partenaires, ce qui prend trop de temps". Les fusions obligatoires risquent d'arriver, un message qui ne sera pas accueilli avec enthousiasme dans toutes les communes flamandes.
17 candidats pour occuper la tête de la liste européenne de l’Open VLD
Il y avait 17 candidats pour pouvoir emmener la liste européenne de l'Open VLD. Dix-sept candidats pour une seule place. Et parmi ces candidats, on trouvait des noms connus : Goedele Liekens, toujours députée européenne, Vincent Steur, l'un des trois candidats présidents ou encore Willem-Frederik Schiltz, actuel chef de groupe de l'Open VLD au Parlement flamand.
C’est finalement la députée européenne Hilde Vautmans qui emmènera la liste aux élections européennes du 9 juin prochain.
Les dix-sept candidats pour une seule place montrent les conséquences concrètes de l'"implosion des partis du centre" : le déclin de l'Open VLD dans les sondages montre clairement que toutes les places de tête de liste seront vendues très cher, car avec un score inférieur à 10 %, seules les têtes de liste sont peut-être sûres d'être élues.
Georges-Louis Bouchez reste président du MR… pour une année supplémentaire
Conner Rousseau n'était pas le seul président de parti en mauvaise posture. Georges-Louis Bouchez, du MR, était lui aussi sous le feu des critiques. Son mandat expire en novembre mais l'organisation d'un scrutin interne s'avérait périlleuse pour les libéraux francophones alors que les autres partis se préparent déjà aux élections. Qui plus est, aucun concurrent ne se détachait clairement.
Le style et la personnalité de Georges-Louis Bouchez ne font pas l'unanimité. A l'intérieur du parti, certains lui reprochent une communication très clivante, trop peu concertée et trop personnalisée.
Finalement il a été décidé qu’il resterait président du MR une année supplémentaire. L'ancienne Première ministre Sophie Wilmès sera chargée, à ses côtés, des relations externes du MR, en vue des élections du 9 juin 2024.


