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Une affiche appelant les Gantois à participer au référendum

Référendum à Gand: une nette majorité s’exprime en faveur de logements à prix abordables

La ville de Gand organisait ce dimanche le premier référendum depuis 1997, au sujet de deux propositions qui devraient permettre de réduire les prix de l’immobilier et la construction d’un nombre accru de logements sociaux. Le groupe d’action "Te duur" était parvenu à exiger cette consultation populaire en récoltant suffisamment de signatures. Restait à voir si un nombre suffisant de citoyens (au minimum 10%) allaient participer, condition nécessaire pour dépouiller les votes. La réponse est positive puisque 12,4% des Gantois (ou un total de 33.000 personnes) ont participé au référendum. Plus de trois quarts d’entre eux ont approuvé les deux propositions du groupe d’action en faveur d’une gestion davantage publique du logement. Le ministre flamand du Logement, Matthias Diependaele, estime que les deux propositions du groupe d’action ne résoudront pas la crise du logement à Gand.

Anne François Belga
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Tous les Gantois de plus de 16 ans étaient appelés à se prononcer sur deux propositions susceptibles de réduire les prix de l'immobilier résidentiel, à savoir un frein à la privatisation de l'immobilier public communal et la création d'une "banque de terrains publics" pour atteindre 40% de logements sociaux. Celles-ci ont été approuvées respectivement à 79% et 77% des suffrages.

La ville de Gand (Flandre orientale) est confrontée depuis des années à un manque de logements sociaux et à une pénurie sur le marché du logement en général. Selon une étude récente, 20.000 ménages supplémentaires chercheront un logement en ville d'ici à 2040, ce qui aggravera la pénurie à près de 6.000 habitations.

Le résultat de cette consultation n'est pas contraignant, mais le groupe d’action "Te duur" (ce qui signifie ‘Trop cher’ en français) parle d’une "victoire de la démocratie" au vu de la participation populaire et de l’approbation de ses deux propositions. "Le signal est donné : les Gantois attendent des solutions de la part des politiques".

Le groupe d'action Te duur

Le bourgmestre Mathias De Clercq (photo) déclarait que "ce signal aura pour conséquence que le logement deviendra un thème important pour les prochaines élections communales". "Il doit devenir une priorité dans l’accord de gestion de la prochaine majorité gantoise". Mathias De Clercq estime cependant qu’il "n’y a aucune autre ville de Flandre qui ait investi autant que Gand dans le logement à prix abordable".

L’échevine gantoise du Logement, Tine Heyse, ne considère pas le référendum comme une condamnation de la politique actuelle du logement et promet une concertation au sein de la majorité communale sur le sujet. D’autres échevins de la majorité se sont exprimés dans le même sens dimanche soir.

Le bourgmestre Mathias De Clercq (archives)

Que dit l’opposition ?

"La majorité au pouvoir doit maintenant tenir compte des résultats du référendum. C’est plus qu’un signal symbolique. Nous demandons qu’une commission spéciale se penche sur les résultats de la consultation populaire", déclarait Johan Deckmyn du Vlaams Belang. Tom De Meester du PVDA veut aller encore plus loin. "L’administration communale doit passer à la vitesse supérieure pour aider à rendre les logements plus abordables. Nous voulons que le résultat du référendum soit contraignant. C’est une question de démocratie et de respect élémentaire".

La N-VA salue l’initiative réussie, mais estime que les questions posées aux citoyens ne sont pas appropriées. "Une autorité qui achèterait davantage de terrains et d’habitations pour les réserver au logement social ou bon marché rendrait le reste des habitations plus onéreuses sur le marché privé. C’est une simple logique économique. C’est le contraire de ce qui est visé qui se prépare " déclarait Anneleen Van Bossuyt. La N-VA est le seul parti qui avait conseillé à la population de donner un avis négatif aux deux questions du référendum. "La plupart des Gantois ne sont d’ailleurs pas allés voter, il ne faut pas l’oublier", concluait le parti nationaliste qui siège dans l’opposition à Gand.

Le ministre du Logement Diependaele réagit

Matthias Diependaele (N-VA) annonçait d’ailleurs ce lundi que le gouvernement flamand, dont il est le ministre du Logement, ne changera pas sa politique à la suite du référendum gantois. Une consultation populaire qu’il qualifie néanmoins de signal important. Le ministre régional estime en effet que les propositions du groupe d’action "Te duur" (photo) ne résoudront pas la crise du logement à Gand. "Notre politique s’inspire aussi de ce qui fonctionne bien, ou pas, en la matière à l’étranger".

Diependaele estime notamment que l’idée de réserver, à terme, 40% du marché immobilier pour des logements sociaux n’a pas de sens. "Cet objectif est erroné. Les 60% restants de propriétaires vont en pâtir. L’offre diminuera en même temps sur le marché privé du logement. On le voit aussi dans d’autres pays. Aux Pays-Bas, un tiers du marché immobilier est réservé aux logements sociaux. Or la crise du logement y est encore bien pire que chez nous. Cela peut paraître une bonne solution, mais c’est un instrument erroné".

Diependaele souligne que la Flandre investit déjà beaucoup d’argent dans le logement social. "A Gand, cet argent est notamment utilisé pour rénover les logements sociaux en mauvais état. Il y a un retard historique dans ce domaine".

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