La famille de l’étudiant Sanda Dia (photo) - décédé en décembre 2018 à Louvain à la suite d’un baptême estudiantin extrême au sein du cercle Reuzegom - a reçu il y a dix jours un appel téléphonique des services d’aide aux victimes lui demandant si elle voulait récupérer les vêtements que le jeune étudiant portait lors du baptême fatal. Le père et le frère de Sanda acceptaient, pour découvrir ensuite que ces vêtements avaient déjà été détruits en 2020. "Nous avons commis une erreur", reconnaissait le procureur au micro de VRT NWS.
Les vêtements de Sanda Dia avaient déjà été détruits en 2020, sans prévenir ses proches
"Mi-septembre, on nous a annoncé par téléphone qu’il restait trois sacs avec des vêtements ayant appartenu à Sanda", expliquait à VRT NWS Seydou De Vel, le frère du jeune étudiant décédé il y a 5 ans. "Mais à la place d’un rendez-vous concret pour aller chercher ces vêtements à Hasselt, on nous a finalement envoyé une invitation à un entretien personnel ». Nous avons alors appris que les sacs avaient été détruits à la suite d’une erreur commise par la Justice". Ils auraient notamment contenu les vêtements que Sanda portait lors du baptême qui lui a été fatal. "C’était très douloureux à entendre", précisait son frère.
Seydou De Vel (photo, à dr.) ajoutait que la Justice a été très claire à propos de l’erreur commise et très respectueuse de la famille. "C’était apparemment une combinaison de plusieurs erreurs. Nous le comprenons, mais cela n’exclut pas la douleur avec laquelle la famille doit vivre".
Excuses du procureur
“Nous trouvons que cette erreur est très grave", précisait le procureur Guido Vermeiren (photo) à VRT NWS. "Nous voulons traiter les victimes correctement, mais cela n’a pas été fait dans ce cas précis et je trouve cela vraiment grave. Les vêtements n’auraient pas dû être détruits sans avoir consulté au préalable la famille".
La cour d’appel d’Anvers a rendu son jugement définitif fin mai dernier, condamnant 18 anciens membres du cercle estudiantin Reuzegom à diverses peines. Mais trois ans plus tôt, "le collègue qui a traité le dossier a déclaré que les vêtements pouvaient être détruits", expliquait encore Guido Vermeiren. "Il s’agissait de vêtements très sales. Mais c’était une évaluation erronée. Nous avons fait une erreur".
L’arrêt définitif dans cette affaire à rebondissements a finalement eu lieu juste avant l’été dernier, mais il est apparu que les vêtements avaient effectivement déjà été détruits en 2020, après la conclusion de l’enquête et donc longtemps avant le début du procès. "Nous avons cru que les vêtements existaient encore, nous avons contacté les parents, puis découvert qu’il n’y avait plus de vêtements".
Des vêtements réclamés plusieurs fois par les proches
Le frère de Sanda Dia s’était déjà étonné qu’il fut encore question de vêtements, après le procès. "Lorsque Sanda a été emmené à l’hôpital, il portait les vêtements de quelqu’un d’autre. Ils ont été découpés pendant la réanimation”. La famille avait à l’époque demandé à récupérer tous les effets personnels de Sanda, mais n’avait reçu qu’un GSM cassé et un ordinateur portable.
"En 2020, la police a subitement pris contact avec mon père, parce que des chaussures de mon frère avaient été retrouvées", poursuivait Seydou De Vel. "A l’époque, nous avons à nouveau demandé s’il restait des vêtements de Sanda. La réponse était toujours négative". Entendre que des vêtements ont été détruits en 2020 a été "très douloureux. Ce sont des choses très importantes pour nous, certainement pour mon père. C’est l’énième goutte qui fait déborder le vase. Nous comprenons les erreurs. La Justice est un énorme appareil, mais pareille chose ne devrait pas arriver".
Seydou De Vel a reçu la promesse que les procédures seront raffermies, afin que pareil incident ne se produise plus. "C’est l’occasion parfaite pour tout vérifier en profondeur. Ce serait très difficile pour moi d’apprendre prochainement qu’une autre famille a vécu la même chose, et que des leçons n’ont donc pas été tirées de cet incident".


