Les trois pierres (photo) que le couple originaire d’Anvers avait mises dans sa valise au retour d’un voyage touristique en Turquie ont bel et bien une valeur historique et archéologique, indiquent ce lundi le quotidien Het Nieuwsblad et les médias turcs sur base d’un rapport d’experts locaux. Selon le professeur Peter Talloen (KU Leuven) consulté par Radio 1 (VRT), elles pourraient même dater de l'époque romaine. Le couple avait été arrêté il y a une dizaine de jours à l’aéroport d’Antalya lors d’un contrôle de routine, pour avoir tenté de ramener ces pierres en Belgique, dans la valise de la femme, Kim. Celle-ci se trouve encore en Turquie et est soupçonnée de "contrebande d’objets archéologiques". Le couple avait déclaré avoir trouvé ces pierres en rue et sur la plage et les avoir emportées pour décorer un aquarium.
Les pierres qu'un couple anversois voulait ramener de Turquie auraient bien une valeur historique
"L'une des pierres a la taille de ma main et est de couleur sable. Deux fleurs y sont gravées. Les deux autres pierres sont comme du marbre. Elles se trouvaient sur la plage, il y en a plein", expliquait Kim à VRT NWS le 19 septembre. "Nous les avons trouvées sur un tas de détritus et à la plage". "Nous n'avons pas emporté des pierres d'un musée, comme ils le prétendent. Nous n'avons même pas visité de musée. Nous avons atterri à Antalya, mais n'y sommes pas restés. Ce n'est pas un morceau de temple que nous avons emporté, mais de petites pierres".
Les autorités aéroportuaires avaient cependant pris l’affaire très au sérieux et arrêté le couple anversois. La femme n’a toujours pas été autorisée à quitter la Turquie. Entretemps, la Direction provinciale de la culture et du tourisme d’Antalya a fait analyser les pierres par des experts du Musée de cette ville. Leur rapport a été publié il y a quelques jours, indiquent les médias turcs.
Les experts indiquent qu’il est effectivement interdit d’emmener ce type de pierres à l’étranger, "en raison de leur nature". Selon eux, "la pierre avec deux rosettes stylisées est une pièce décorative architecturale" et "les deux morceaux de marbre sont des morceaux de revêtement de sol".
La loi turque en matière de protection des richesses culturelles et naturelles est sévère à l’encontre de ceux qui tentent de sortir du pays des objets de valeur archéologique. Les Affaires étrangères mettent en garde sur leur site internet qu’il est strictement interdit "d’exporter de Turquie des antiquités, des minéraux et des objets trouvés sur place (comme des pierres par exemple), même si ces derniers ne présentent aucune valeur culturelle ou historique".
Reste à voir quelle sanction sera attribuée à la touriste anversoise qui transportait les trois pierres dans sa valise.


