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Des scientifiques belges à la recherche de variétés de bananes sauvages en Australie

Des chercheurs belges - dont Steven Janssens (photo) du Jardin botanique de Meise (Brabant flamand) et Bart Panis de Bioversity International - se sont envolés mi-septembre pour le nord de l'Australie à la recherche de l’ancêtre génétique de la banane comestible et d’autres variétés de bananes sauvages. L'équipe internationale déployée en Australie veut trouver des alternatives aux bananes que nous consommons actuellement, qui sont menacées par des maladies émergentes telles que le champignon Fusarium et le virus Banana Bunchy Top (BBTV).

Anne François Belga
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Les bouleversements climatiques, comme la sécheresse et l'apparition de maladies et de parasites végétaux, représentent un défi de plus en plus grand pour l'alimentation d'une population humaine en pleine croissance, indique le Jardin botanique de Meise. "Mondialement, nous sommes donc à la recherche de nouvelles espèces sauvages qui ont le potentiel génétique pour résister à ces virus, champignons et autres menaces", explique Koen Es, collaborateur de l'institution brabançonne flamande de renom international.

"Au nord de l'Australie, sur la côte, se trouve une étroite bande de forêt tropicale humide et c'est précisément à cet endroit que pousse la banane banksii. Cette banane sauvage est considérée comme l'un des principaux ancêtres de toutes nos bananes comestibles", précisait Steven Janssens, le scientifique du Jardin botanique de Meise qui participe à l’expédition.

L'objectif principal de l'expédition est de collecter des échantillons de feuilles de la banane banksii (Musa acuminata ssp. banksii). Ils seront utilisés pour cartographier la diversité génétique. De plus, des échantillons de graines seront collectés et conservés à long terme dans la banque de graines du Jardin botanique de Meise. Les scientifiques prévoient également de faire germer et cultiver ces graines "pour approfondir l’étude des spécimens nouvellement collectés".

Une première

La banque de collecte qu'accueillera le Jardin botanique de Meise constituera une première pour la biodiversité des bananes. Elle permettra aussi de sauvegarder des graines d'espèces qui pourraient disparaître. Afin de constituer cet outil, les scientifiques belges travaillent durant deux semaines avec leurs collègues australiens de l'Université du Queensland et un scientifique de la banque de gènes de l'International Musa Germplasm Transit Centre (ITC), dans un partenariat mondial qui rassemble des organisations internationales impliquées dans la recherche sur la sécurité alimentaire.

L'utilisation de techniques modernes d'analyse de l'ADN permettra d'obtenir des données génétiques détaillées sur les différentes espèces et populations de bananes sauvages, dans l'espoir de découvrir des spécimens résistants à la sécheresse et aux maladies. À long terme, l'idée est de créer une espèce de banane comestible hybride, plus résistante aux maladies et parasites végétaux.

Koen Es du Jardin de Meise indiquait à Radio 2 que les scientifiques arrivés en Australie ont déjà découvert une sous-variété de bananes. "Ils en ont prélevé des échantillons. Cela prouve qu’on peut trouver quelque chose. Mais ces prochains jours révèleront combien on peut trouver sur place et ce qui pourra être conservé pour l’avenir".

Steven Janssens du Jardin Botanique de Meise, en Australie

“Flora”: 75 nouvelles espèces végétales en Belgique

Au cours de la dernière décennie, 75 nouvelles espèces végétales se sont établies en Belgique. Sur la même période, dix espèces ont cependant définitivement disparu, principalement en raison du changement climatique et des activités humaines. C‘est ce que révèle la nouvelle édition de "Flora", l'anthologie des plantes de notre pays et des régions avoisinantes, publiée par le Jardin botanique de Meise. Cette nouvelle édition couvre 2.781 espèces de plantes, dont 75 nouvellement arrivées.

"La Flore" (et "Flora" dans sa version en néerlandais) est un ouvrage de référence important pour l'identification et l'étude des espèces végétales en Belgique et dans les régions limitrophes. Il s'agit de la source la plus complète et la plus scientifique pour cette région. La nouvelle édition comprend également des centaines de nouvelles illustrations et des clés de détermination faciles à utiliser pour identifier les espèces.

Les espèces végétales qui se sont établies dans notre région ces dernières années sont principalement des plantes ornementales sauvages et des plantes venant du sud, qui aiment la chaleur. Quelques espèces sont venues d'elles-mêmes dans nos régions depuis le sud, mais la plupart ont été introduites par l'homme par le biais des transports notamment.

Le jardin culinaire du jardin botanique de Meise

Si les plantes originaires du sud ont pu s'installer durablement, c'est notamment grâce au changement climatique. Il s'agit, par exemple, de l'avoine barbue, une graminée du sud qui se développe de plus en plus le long des autoroutes, des voies ferrées et des ports. La jacinthe d'eau, une espèce d'orchidée, s'est également progressivement déplacée vers le nord au cours des dernières décennies.

"Le fait que 75 nouvelles espèces se soient établies n'est pas forcément une bonne nouvelle ou un atout pour la biodiversité belge", souligne Filip Verloove, chercheur et auteur de la quatrième édition de "Flora". "Il s'agit d'espèces végétales que nous considérons comme des cosmopolites, des espèces qui deviendront progressivement omniprésentes dans le monde, menant à une biodiversité uniforme. Ou pire encore, il peut s'agir d'espèces qui risquent de devenir envahissantes et même de menacer la végétation indigène."

Parmi les 10 plantes qui ont disparu de notre région figurent, par exemple, la grande androsace, la cotonnière négligée, la laitue à feuilles de saule, l'immortelle des champs et le scirpe cespiteux.

Photo archives hors contexte

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