L'entreprise belgo-turque Synpet, qui recycle les matières plastiques, a finalement choisi le port d'Anvers pour y construire sa première grande usine et non pas Genk. En collaboration avec le groupe suisse Kolmar, elle va débourser 100 millions d'euros pour ce faire.
Une grande usine de recyclage du plastique provenant du sud de l'Europe sera construite à Anvers et non à Genk
Synpet souhaitait initialement construire son usine à Genk, mais a opté pour "l'un des clusters pétrochimiques les plus importants et les plus intensifs d'Europe". Le site devrait être opérationnel en 2025, permettant la création de quelque 70 emplois, auxquels s'ajouteront 25 autres à Bruxelles.
Les déchets plastiques seront transformés à l'aide d'une "technologie de pointe" en naphta circulaire, une matière première de base à partir de laquelle l'industrie fabriquera à nouveau du plastique. L'objectif est de renforcer le pôle de chimie circulaire dans le port d'Anvers.
"Nous apporterons une contribution durable à la Région flamande en nous attaquant au problème des déchets plastiques, en réduisant les émissions de carbone et en créant des emplois", se réjouit Cem Ozsuer, le CEO de Synpet.
Des déchets plastiques venus du sud de l’Europe
Le choix d'Anvers plutôt que de Genk s'explique probablement par la meilleure accessibilité de l'usine portuaire. L'usine devra en effet importer de nombreux déchets plastiques du sud de l'Europe, des pays comme l'Italie et l'Espagne n'étant plus en mesure de les traiter eux-mêmes dans leur ensemble.
Le groupe suisse Kolmar a pris une participation dans Synpet lors d'un premier tour de table de financement. Leur objectif prioritaire est de "traiter 180.000 tonnes de déchets plastiques rejetés par an, avec le projet d'atteindre une capacité de traitement globale de 1.000.000 de tonnes d'ici 2030".
Selon Kolmar, il n'existe pas d'autre technologie que celle de Synpet pour produire des matières premières chimiques circulaires à l'échelle industrielle à partir de plastiques rejetés.
La société belgo-turque, fondée en 2014, s'est spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques non triés. Elle recycle le carbone des déchets en huile renouvelable (naphta). Le pétrole fossile est ainsi remplacé par du naphta dans la production de nouvelles matières plastiques. Le naphta est un mélange d'hydrocarbures qui sert de matière première pour la production d'éthylène et de propylène, qui servent à la production de plastiques.
