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Après 33 ans d'effort, le centre d'élevage d'oiseaux de Zutendaal sauve une espèce brésilienne de l'extinction

Le centre d’élevage d’oiseaux CBCC installé à Zutendaal dans le Limbourg s’est battu pendant 33 ans pour contribuer à sauver de l’extinction le Hocco de Blumenbach (photo), une espèce d’oiseau de la famille des Cracidae originaire du Brésil. Dans les années 1980, il ne restait plus qu’une dizaine de ces oiseaux dans la nature. La semaine dernière, le 400e Hocco a pu être remis en liberté. "Un moment très émouvant", déclarait à Radio 1 Geer Scheres du centre d’élevage limbourgeois.

Anne François
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Quelque 9.129 kilomètres séparent Zutendaal d’Ipatinga, une ville à l’est du Brésil. C’est dans le voisinage de cette ville brésilienne que les premiers Hocco de Blumenbach à bec rouge ont été remis en liberté, avec l’aide du centre d’élevage d’oiseaux CBCC.

"Nous avons lancé ce projet dans les années 1980", expliquait Geer Scheres du CBCC au micro de l’émission ‘Nieuwe Feiten’ de Radio 1 (VRT). "La semaine dernière nous avons relâché dans la nature le 400e exemplaire de cette espèce, dans l’une de nos réserves naturelles. Quelque 300 poussins sont déjà nés dans la nature de cinq réserves".

Cette espèce brésilienne a parcouru un long chemin vers sa préservation. "Lorsque nous avons commencé notre travail, il ne restait plus qu’une dizaine d’oiseaux en liberté. A l’époque, nous avons pu en attraper quelques-uns parce qu’il y avait peu d’espoir d’amélioration. Dans un premier temps, nous avons dû élever de nombreux oiseaux au Brésil-même. Dans le centre à Zutendaal, il y avait toujours une population de réserve. Et elle existe encore. Il faut la garder à portée de main pour l’éventualité d’une situation d’urgence. Comme par exemple l’apparition d’une maladie des oiseaux".

Des Hocco de Blumenbach au Cracid & Crane Breeding and Conservation Center (CBCC) de Zutendaal

Un oiseau d’une importance cruciale pour la forêt tropicale

Les mesures de prudence ne sont pas prises pour rien. "Le Hocco de Blumenbach est avant tout important parce qu’il est un bio-indicateur pour l’état de la forêt tropicale dans les Amériques", expliquait encore Geer Scheres. "Il mange des fruits, des graines et des feuilles et les répand ainsi. Il aide ainsi la forêt tropicale à grandir et rajeunir".

Dans les années 1980, on avait sonné l’alerte. "Cette espèce d’oiseaux provient de la forêt tropicale de l’Atlantique. Mais il n’en reste pratiquement plus rien dans quelques réserves naturelles. La côte orientale a été la première colonisée. D’énormes villes ont été créées, comme Rio de Janeiro. La forêt tropicale atlantique, qui s’étendait autrefois jusqu’à la plage, a dû céder sa place".

Tant la flore que la faune locales sont très menacées par cette situation. "Heureusement, nous avons pu remettre en liberté, la semaine dernière, un 400e exemplaire du Hocco de Blumenbach. Après 33 ans de rude travail, tant au Brésil que dans le Limbourg, nous en sommes très heureux", concluait Geer Scheres.

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