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La KU Leuven veut assouplir les règles linguistiques pour moins décourager les professeurs étrangers

En ce début d’année académique, le recteur de la KU Leuven, Luc Sels a demandé un assouplissement des règles linguistiques pour l'enseignement supérieur en Flandre. Il souhaite ainsi éviter de dissuader les universitaires étrangers talentueux de venir enseigner dans nos universités.

Eric Steffens
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Les professeurs de langue étrangère qui souhaitent venir enseigner dans une université ou un établissement d'enseignement supérieur flamand doivent obtenir le niveau B2 en néerlandais dans un délai de cinq ans. "Cela signifie pouvoir participer spontanément à des réunions et lire des textes spécialisés", a déclaré le recteur Luc Sels dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1. "Si l'on n'y parvient pas, on perd son contrat de travail".

Luc Sels estime que cette exigence est trop dissuasive pour les universitaires étrangers. "Les meilleurs talents ont de nombreuses opportunités dans de nombreuses universités internationales. Ils tournent alors rapidement le dos à notre région lorsqu'ils constatent que leur chance de rester est liée à des règles très strictes en matière linguistique."

"Lorsque les professeurs arrivent ici à un âge de 33 ou 34 ans c’est souvent au moment où leur famille s'agrandit, où ils cherchent une école pour leurs enfants et où un domicile permanent. Cela ne tolère pas beaucoup d'incertitude, et encore moins l'idée que tout peut s'arrêter au bout de cinq ans".

Un délai d'adaptation plus long

Ces exigences linguistiques vont à l'encontre des ambitions de Luc Sels d'attirer des universitaires talentueux dans son université. "Nous voulons simplement attirer les meilleurs talents. Ceux-ci viennent parfois de Flandre, mais nous avons un marché du travail extrêmement restreint et nous devons donc nous tourner vers l'international.

"Je ne souhaite pas nécessairement attirer davantage de professeurs étrangers", nuance-t-il, "mais je veux que le mélange des nationalités change. Aujourd'hui, nous n'attirons pratiquement pas de professeurs originaires de pays où la différence linguistique est forte et qui doivent faire beaucoup d'efforts pour maîtriser rapidement le néerlandais."

Luc Sels insiste sur le fait qu'il souhaite préserver les règles linguistiques et que ceux qui viennent chez nous pour une longue période devront maîtriser le néerlandais. Mais en même temps, il veut donner aux professeurs de langues étrangères un peu plus de temps pour apprendre notre langue, "afin qu'il y ait un peu plus d'oxygène pour la recherche et le temps d'enseignement dans les premières années".

Un groupe de travail

Luc Sels insiste également sur le fait qu'il souhaite maintenir la composition de son université, dans laquelle deux tiers des professeurs viennent de Flandre et un tiers de l'étranger.

"Cette expertise locale est très importante pour notre société, mais avec le tiers que nous recrutons à l'étranger, mettons tout en œuvre et assurons-nous que les règles linguistiques permettent de recruter les meilleurs talents et un mélange de nationalités quelque peu multilingue. Cela enrichira nos étudiants".

Le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts (N-VA veut ériger un barrage contre l’ anglicisation de l'enseignement supérieur en Flandre. Au cours de l'année académique dernière, par exemple, il a refusé plusieurs demandes d'universités souhaitant proposer des cours en langue étrangère et notamment l’anglais.

"Je comprends sa position et je la respecte", déclare le recteur Luc Sels. "Mais j'invite le prochain gouvernement à mettre en place - dans un néerlandais correct - un groupe de travail composé de représentants de toute la société pour élaborer une politique linguistique contemporaine pour l'enseignement supérieur.

Selon le recteur, cela est parfaitement compatible avec la position du ministre Ben Weyts.  

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