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L'école incendiée à Montigny-sur-Sambre

Ecoles incendiées en Wallonie : les services de sécurité et de renseignement mobilisés

Les services de sécurité et de renseignement suivent la situation de près, a assuré ce vendredi la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, à la suite des incendies provoqués ces derniers jours dans six écoles de Charleroi et un établissement scolaire à Liège, en Wallonie. Une réunion de concertation a eu lieu dans la matinée sous l'égide du Centre de crise et une autre réunion est prévue lundi. La police fédérale viendra en appui des polices locales et un contact étroit sera noué avec les écoles. Des contacts ont également lieu avec des services de renseignement et de sécurité étrangers.

Anne François Belga
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A Montignies-sur-Sambre, une commune rattachée à Charleroi (Hainaut), les pompiers ont dû intervenir vers 23h jeudi soir en raison d’un nouvel incendie dans une école. Il s’agissait du 6e incendie dans un établissement scolaire de la ville cette semaine. Selon le chef des pompiers, il s’agissait cette fois encore d’un acte délibéré. "Les locaux de classe ne sont pas touchés, mais il y a de gros dégâts à l’extérieur du bâtiment". Le parquet de Charleroi s’est rendu sur place et la police carolorégienne a reçu la nuit passée du renfort de la police fédérale.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des incendies avaient déjà été allumés dans quatre écoles de la région de Charleroi. La nuit suivante une 5e école était incendiées à Monceau-sur-Sambre. Des graffitis ont également été dessinés sur les façades des établissements, faisant référence à l’EVRAS - l’Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle qui soulève la polémique auprès de certains parents. Alors que ces cours d’éducation sexuelle sont déjà dispensés dans les écoles à leur initiative depuis de nombreuses années, ils deviennent maintenant obligatoires en 6e primaire et 4e secondaire. Ce qui soulève l’indignation de certains parents.

La nuit de jeudi à vendredi, c’est à Liège que deux écoles ont été touchées. Dans l’une, le feu a été bouté à une poubelle, dans l’autre des graffitis ont été apposés. Mais comme dans plusieurs des autres écoles, le lien avec l’EVRAS n’est pas explicite. Le bourgmestres de Charleroi et de Liège, Paul Magnette et Willy Demeyer, qualifient ces incidents néanmoins d’actes terroristes parce qu’ils touchent des écoles. C’est aussi la raison pour laquelle les autorités fédérales se montrent très vigilantes.

L'Organe de Coordination de l'Analyse de la Menace (Ocam) a participé à la réunion de concertation de ce vendredi avec la ministre de l’Intérieur. Actuellement, le niveau de menace général ou relatif à certains lieux déterminés n'est pas relevé. "Aujourd'hui, il n'y a pas de raison de paniquer, mais il faut être alerte", a déclaré Annelies Verlinden. La ministre n'a pas voulu donner de précision sur la possible identité ou appartenance des auteurs de ces faits.

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Quatre écoles attaquées à Charleroi portaient des inscriptions hostiles à l'Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (Evras). "Nous avons des idées de la direction dans laquelle il faut chercher, mais on ne communique pas de détails pour des raisons de sécurité", a expliqué Annelies Verlinden (photo archives). "Nous avons des images, nous n'avons pas encore trouvé les auteurs mais le parquet et la police font tout pour avoir un résultat à court terme et donner une suite judiciaire", a-t-elle ajouté.

"On ne touche pas à nos écoles, c'est une ligne rouge", a martelé la ministre, rejointe par le Premier ministre Alexander De Croo: "Dans une démocratie comme la nôtre, on n'acceptera jamais que des écoles soient une cible (...) Nous vivons dans un pays où règne la tolérance, chacun peut exprimer son point de vue mais les différences de points de vue ne peuvent déboucher sur de la violence".

Le sujet de l'Evras fait l'objet de bon nombre de commentaires sur les réseaux sociaux où se propagent de fausses informations. "Il y a énormément de fake news qui circulent par rapport à quelque chose qui est une évidence dans notre pays depuis 50 ans", a souligné Alexander De Croo. Dimanche, un rassemblement d'opposants à l'Evras est annoncée dans la capitale. Des concertations ont lieu avec la Ville de Bruxelles et la zone de police à ce sujet, a précisé la ministre de l'Intérieur.

Enquête sur les sites au discours haineux envers l'EVRAS

Les services de sécurité fédéraux ont renforcé ce vendredi le screening de l'ensemble des sites internet relayant des informations sur le guide Evras mis en place par la Fédération Wallonie Bruxelles, a également annoncé le Premier ministre en fin de journée. Ce screening continuera au minimum tout le long du weekend.

Les sites propageant des discours haineux seront répertoriés et rapportés à la Computer Crime Unit de la police fédérale qui prendra des actions, ajoute Alexander De Croo. Pour chaque site, une enquête sera systématiquement lancée, en vue d'en déterminer les flux de financements, ajoute De Croo.

" L'éducation à la vie sexuelle est l'un des piliers de notre santé publique depuis des années. Elle permet aussi aux enfants et aux adolescents de prendre conscience de leur intégrité physique et de leurs droits", répète le Premier ministre.

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