Le propriétaire de la villa historique d’artistes située à Afsnee près de Gand, en Flandre orientale, a finalement fait entamer les travaux de destruction de son bien immobilier. Une pétition avait été lancée en faveur de la préservation de l’habitation qui a accueilli plusieurs artistes de renom au début du 20e siècle. Mais comme la villa n’est pas un monument protégé, sa démolition ne peut pas être stoppée légalement.
La démolition de la Villa Malpertuis à Afsnee est en cours, malgré les protestations
La maison ancrée à la Veurestraat, dans le village gantois d’Afsnee, a été il y a une centaine d’années une escale pour des artistes expressionnistes. Le peintre Gustave De Smet et le peintre, graveur et illustrateur Frits Van den Berghe y ont habité, tandis que des artistes étrangers tels que le peintre naturalisé français Marc Chagall et le peintre et sculpteur français d’origine biélorusse Osip Zadkine y ont fait un séjour.
Pour les amateurs d’arts, cette villa est historiquement importante, mais une demande de reconnaissance n’a jamais été introduite pour protéger le bâtiment. En avril dernier, une pétition était lancée en faveur de la conservation de la villa Malpertuis. "Du point de vue architectural, l’habitation n’a pas tellement d’importance", précisait l’historien de l’architecture Marc Dubois. "Pour certains, elle possède sans doute une valeur émotionnelle. Mais dans ce cas, il faudrait alors conserver toutes les habitations où Hugo Claus, par exemple, a écrit des livres ou d’autres artistes ont vécu".
La ville de Gand a refusé par deux fois un permis environnemental à la villa Malpertuis, mais ce refus n’était pas basé sur la valeur historique ou artistique de la maison. La ville s’opposait davantage à l’abattage de nombreux arbres et l’ajout de béton. Etant donné que la villa n’est pas un monument protégé, sa démolition n’a pas pu être interdite.
"Le gouvernement flamand a assoupli les règles depuis le début de cette année", précisait à Radio2 l’échevin gantois Filip Watteeuw (Groen, photo). "Ceci permet de démolir des habitations individuelles même sans avoir obtenu un permis environnemental".
