Au lendemain du violent tremblement de terre qui a secoué avant tout les zones montagneuses du Maroc, dans les environs de Marrakech, et qui a fait plus de 2.800 morts pour l’instant et au moins 2.500 blessés, le Maroc n’accepte qu’une aide limitée, alors que de nombreux pays - dont la Belgique - sont prêts à envoyer des équipes de secouristes et de l’aide matérielle. Selon l’ambassadeur Mohammed Ameur à Bruxelles, le Maroc veut ainsi éviter que les secouristes ne se marchent sur les pieds s’ils sont trop nombreux. "Une analyse minutieuse est effectuée sur le terrain, sur base de laquelle on a choisi les pays qui peuvent actuellement être utiles au Maroc. Mais cela ne signifie pas que nous n’allons pas du tout faire appel à d’autres pays".
"Trop d'aide pourrait devenir contre-productif", affirme l'ambassadeur du Maroc en Belgique
Le chiffre officiel des victimes, à l’heure actuelle, est de 2.682 morts. Il faut cependant craindre que ce nombre n’augmente sensiblement étant donné que des régions sinistrées retirées n’ont jusqu’à présent pu être atteintes par les secours. A lendemain du séisme, des dizaines de pays ont proposé leur aide au Maroc. Ils se tiennent prêts à envoyer dans la région sinistrée des secouristes et du matériel, mais la plupart d’entre eux n’ont pas encore reçu de demande officielle des autorités marocaines.
Pour l’instant, le pays africain n’accepte que l’aide de l'Espagne, la Grande-Bretagne, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite. Cette dernière livre du matériel via un pont aérien. Dès samedi, la ministre belge de la Défense Ludivine Dedonder annonçait que le service B-Fast a été activé afin que la Belgique puisse fournir une assistance quand le Maroc en fera la demande. Ce qui n’a pas encore été le cas.
Pourquoi le Maroc n’accepte-t-il de l’aide que de quelques pays alors que les besoins en secouristes sont clairement bien plus grands ? C’est la question qui était posée à l’ambassadeur du Maroc en Belgique Mohammed Ameur dans l’émission "Matin première" de nos collègues du service public francophone RTBF. "Le Maroc a effectué une analyse minutieuse sur le terrain, sur base de laquelle il a choisi les pays qui peuvent lui être utiles actuellement, et ceux qui ne le sont pas. Trop d’aide pourrait en effet devenir contre-productif".
Le Maroc dit vouloir éviter que les secouristes des divers pays ne se marchent sur les pieds. "Mais cela ne veut pas dire que les autres pays sont exclus. Plus de 60 pays ont proposé leur aide. Dans une première phase, nous avons accepté l’aide de certains d’entre eux. Mais il est probable que dans les prochaines heures, jours ou semaines notre pays ait besoin du soutien d’autres pays".
Le Maroc refuserait-il l’aide de certains pays pour des raisons diplomatiques ? "Le Maroc ne refuse aucune aide en raison de disputes ou de conflits internationaux. Ces derniers s’estompent face à ce qui est survenu", répondait l’ambassadeur Ameur. Il soulignait également que le Maroc n’est pas impuissant puisqu’il possède de l’expérience dans les catastrophes naturelles. "Comme le tremblement de terre de 1960 à Agadir, qui a fait 15.000 morts. Nous en avons énormément appris "
"Beaucoup de moyens seront nécessaires pour reconstruire"
L’ambassadeur Ameur s’est rendu le week-end passé au Maroc pour voir de ses propres yeux l’impact du tremblement de terre. Il affirme avoir constaté chez les citoyens et les autorités une grande volonté de prendre eux-mêmes les choses en main. Mais il n’est pas facile d’atteindre la région sinistrée. Des morceaux de rocs des montagnes se sont détachés et bloquent le passage des services de secours, ce qui explique que l’aide n’arrive que lentement. L’armée doit parfois se déplacer à pied.
Mohammed Ameur expliquait à la RTBF que le Maroc a par contre besoin d’argent, pour pouvoir reconstruire tout ce qui a été détruit. La Croix Rouge de Flandre, Médecins sans Frontières, SOS Villages d’enfants et Oxfam Belgique lançaient déjà dimanche et lundi un fonds pour les dons.
"Continuez à voyager au Maroc"
Les Affaires étrangères belges déconseillent actuellement tout déplacement dans la zone touchée par le séisme. La zone évoquée englobe notamment les villes de Marrakech, Ouarzazate, Azilal, Chichaoua et Taroudant. C’est une très grande superficie. Les Pays-Bas décrivent une zone à risque nettement plus restreinte. La France et le Royaume-Uni se limitent à conseiller de suivre les instructions des autorités locales.
Quant à l’ambassadeur Mohammed Ameur, il ne voit que peu de problèmes à voyager par exemple à Marrakech. "Les touristes peuvent avoir confiance dans les autorités locales". Les guides touristiques et les gérants d’hôtels demandent aux visiteurs de ne pas reporter leur voyage. Les musées restent ouverts et les marchés poursuivent leurs activités.


