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Une meilleure qualité de l'air permettrait d'économiser 43 millions d'euros

Plus il y a de particules fines dans l'air, plus les visites chez le médecin sont nombreuses. C’est ce que révèle une étude publiée par les Mutualités Libres. Une meilleure qualité de l'air permettrait d'éviter 220.000 consultations médicales par an en Belgique et d'économiser ainsi annuellement 43 millions d'euros.

Anne François Belga
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L'étude épidémiologique environnementale des Mutualités Libres, réalisée en collaboration avec la KU Leuven, l'Université de Hasselt et la Cellule interrégionale de l'environnement (Celine) a croisé le nombre de consultations médicales de ses affiliés avec la qualité de l'air et la couverture arborée de leur lieu de résidence.

"Dans les quartiers où la concentration en particules fines est élevée et la couverture arborée plus faible, on a mis en évidence une augmentation des visites chez le médecin généraliste, à la fois pendant les heures d'ouverture des cabinets, mais aussi en dehors (le soir, la nuit et le week-end), ce qui est souvent le signe d'une urgence médicale", explique Luk Bruyneel, chercheur en politique de santé à la KULeuven et collaborateur scientifique des Mutualités Libres.

"Les particules fines sont avant tout liées à des maladies cardiovasculaires et respiratoires. Elles ont aussi un impact sur la santé mentale", indiquait Christian Horemans, expert en Environnement et Santé auprès des Mutualités Libres.

En supposant un lien de cause à effet qui ne tient pas compte de variables explicatives comme le comportement individuel ou les facteurs de risques de maladies, l'étude a calculé l'impact financier des consultations chez le médecin généraliste qui pourraient être évitées si tous les individus vivaient dans un quartier où la concentration de particules fines est la plus faible (4,91 à 7,49 ¿g/m³).

Extrapolé à la population belge - sachant que les Mutualités Libres comptent 2 millions d'affiliés -, ce coût évitable s'élèverait à 43 millions d'euros, dont plus de 37 millions à charge de l'assurance maladie et près de 6 millions pour les patients. Et ce, en ne tenant compte que des coûts directs des visites chez le médecin, pas des médicaments prescrits.

"Travailler à une amélioration de la qualité de l’air n’est pas seulement bon pour notre santé mais aura aussi un impact positif sur les finances publiques", souligne Christian Horemans. Ce dernier plaide aussi en faveur de normes plus strictes en Europe en matière de pollution aux particules fines, comme elles ont été proposées par l’Organisation mondiale de la santé. "Attendre 2050 avant d’ajuster les normes de qualité de l’air aux constations scientifiques aurait un impact inacceptable", estime encore Horemans.

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