Pratiquement tous les différents moyens de transport disponibles à Bruxelles, publics et privés, sont désormais réunis en une plateforme dans la nouvelle application baptisée "Floya". C’est ce qu’ont annoncé la Stib et la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt mercredi lors d'une conférence de presse. Cette application "Mobility as a service" (Maas), développée par la société Eviden/trafi, est la première application multimodale grand public en Belgique, indique la Stib. Une application du même type existe néanmoins à Anvers depuis 2017, mais avec certaines différences.
La nouvelle application Floya englobe tous les moyens de transports à Bruxelles
Dans l’application Floya, tous les modes de transport disponibles au sein de la capitale (métro, tram, bus, train, vélo, trottinette, taxi et voitures partagées) seront présentés aux usagers en temps réel. À l'image d'autres applications Mobility as a service (Maas) déjà disponibles dans d'autres pays - notamment en Allemagne, à Berlin -, des trajets sont proposés en fonction du mode de transport choisi. Des possibilités de combinaison, comme les transports en commun associés à une trottinette électrique ou à un vélo partagé, sont également présentées.
L'objectif principal est de diminuer l'usage de la voiture individuelle dans la capitale et d'augmenter l'efficacité des déplacements, souligne la Stib. La Société bruxelloise de transports en commun s'est fixée un objectif de 25.000 utilisateurs mensuels actifs d'ici décembre 2024 sur la nouvelle application, qui sera complémentaire de celle de la Stib, qui compte 350.000 utilisateurs mensuels actifs.
L'application est accessible depuis ce mercredi, via les appstores (iOS et Android).
"L'application est évolutive", a affirmé Brieuc De Meeûs, CEO de la Stib (vidéo). En effet, certains partenaires de véhicules partagés sont déjà intégrés à l'application - comme Villo, Cambio ou encore Dott -, mais d'autres devraient encore s'y ajouter, comme Voi, Bolt ou les Taxis verts.
Les partenaires publics (Tec, De Lijn, SNCB et Stib) sont déjà tous intégrés à l'application. Elle doit ainsi permettre aux voyageurs de planifier leurs routes de façon plus efficace, en temps réel. Les usagers peuvent également acheter des tickets ou payer leur voyage directement dans l'application. Ils peuvent aussi scanner le QR Code et déverrouiller un véhicule à usage partagé.
Un nom venu du Nord
La Région de Bruxelles-Capitale a demandé à la Stib de développer une application Maas en 2020 et après une période de test réussie, Floya a reçu le feu vert. Le nom de l’application a été choisi parce qu’il est facile à prononcer dans toutes les langues utilisées dans la capitale. Il est dérivé du mot norvégien "floy" qui signifie "ailes". Il doit ainsi donner aux utilisateurs un sentiment de liberté de mouvements, le sentiment de pouvoir se déplacer facilement et de façon autonome en Région bruxelloise.
Le nouvel outil sera présenté au grand public lors de la Semaine de la mobilité, qui a lieu du 16 au 22 septembre. Les Bruxellois pourront découvrir Floya dans des "Mobility Hubs" et dans le "Village Mobilité" installé boulevard de Waterloo à l'occasion du dimanche sans voiture, planifié le 17 septembre.
"Slim naar Antwerpen"
L’application bruxelloise Floya n’est sans doute pas la première en son genre en Belgique, mais bien la première qui offre des possibilités de payer des titres de transport directement depuis la plateforme. En 2017, la ville d’Anvers lançait l’application “Slim naar Antwerpen” (SNA) avec le soutien financier de l’Union européenne. Elle permet de se déplacer de façon intelligente à Anvers.
Elle fonctionne un peu différemment de Floya. SNA n’offre par exemple pas la possibilité de payer des voyages via sa plateforme. L’application anversoise a par contre tendance à ne pas proposer la voiture comme moyen de transport, même aux heures où elle serait le moyen de locomotion le plus rapide, pour tenter de maintenir autant que possible les voitures hors de la métropole. "Nous donnons un coup de pouce à la mobilité des utilisateurs de notre application d’une façon différente", indiquait Marijke De Roeck, directrice de la Communication et la participation à la ville d’Anvers. "Si vous donner à l’app une destination située à moins de 7,5 km de distance, elle va vous proposer d’y aller en vélo. Si la destination est à moins de 2 km, vous serez encouragés à vous y rendre à pied".
Pour les distances de 7,5 à 15 km, SNA suggère d’abord le vélo électrique qui a une vitesse maximale de 25 km/h. Il ne nécessite pas un permis de conduire. Pour les plus longues distances entre un point en Flandre et Anvers, c’est souvent le train qui est proposé par SNA. Ou une combinaison entre train et voiture avec park & ride.
"Nous ne misons pas tout sur l’application", précisait encore Marijke De Roeck. Des panneaux numériques seront ainsi bientôt placés à des points cruciaux des voies qui mènent à Anvers, pour renseigner les endroits où se trouvent les stations de vélos à partager ou les aires de park & ride. Mais n’est-ce pas une façon dépassée de faire ? "Au contraire", estime De Roeck. "L’infrastructure physique est nécessaire pour donner plus de sécurité et de clarté aux utilisateurs, sans qu’ils doivent sans cesse s’en remettre à leur smartphone".

